L’Algérie fait partie des pays qui font usage, dans leur arsenal judiciaire, de la peine de mort. Celle-ci est prévue pour la répression de délits graves, mais si elle a été prononcée à plusieurs reprises, ces dernières années, elle n’a pas été appliquée, depuis pratiquement 1992. Ce qui a fait dire au président de la commission nationale de promotion et de protection des droits de l’homme, intervenant la semaine dernière sur les ondes de la radio nationale, que la peine de mort ‘’est tombée en désuétude » dans notre pays. Le même président plaidera pour une abolition de la peine de mort, qu’il juge ‘’sauvage » et ‘’moyenâgeuse ». Cela d’autant plus que l’Algérie se trouve aujourd’hui dans l’obligation de se mettre en conformité avec les conventions internationales qu’elle a signées. De plus, on sait aujiurd’hui que de nombreux pays hésitent à signer des conventions d’extraditions de criminels avec notre pays, à cause du maintien de la peine. En fait, la question de la peine de mort n’a pas encore fait l’objet d’un débat dans notre pays, comme cela a été le cas de nombreux pays dans le monde et il est peut-être temps d’engager ce débat, en donnant la parole aussi bien à ses partisans qu’à ses adversaires. Si la peine de mort a été longtemps considérée comme la seule réponse légale, au crime, qui est, lui, illégal, on pense aussi qu’il y a d’autres moyens de répression que l’exécution. Mais si la peine de mort est un garde-fou pour se protéger contre la déferlante du crime, quels autres garde-fous peut-on trouver, si on la supprime, pour juguler le crime ? Quels arguments pour et quels arguments contre la peine de la mort ? Voilà des questions passionnantes à débattre !
S. Aït Larba
