Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, un grand nombre de paiements, et parfois des sommes importantes, sont encore réglés en espèces. Qu’il s’agisse d’acheter une voiture, un terrain, une maison, voire de payer un travailleur, des particuliers, comme des entreprises recourent à la monnaie. L’image de négociants se rendant dans les marchés, avec des sacs en plastique bourrés de billets de banque, n’est pas une invention d’humoristes : c’est une réalité que n’importe qui peut constater, notamment dans les zones rurales où on aime manipuler les espèces sonnantes et trébuchantes. D’ailleurs, les cas de maquignons et d’autres commerçants, se faisant détrousser aux faux barrages, sont devenus… monnaie courantes, ces derniers temps. Sans oublier tous les trafics, l’argent sale du crime et de la drogue, qui transite, lui aussi, par les sacs en plastiques. C’est justement pour limiter les trafics et les irrégularités que l’usage du chèque va devenir, à partir de septembre prochain, obligatoire pour les paiements supérieurs à cinquante mille dinars. Toutes les transactions dépassant cette somme, même quand il s’agit de simples achats, devront passer par le chèque. S’il est vrai que le paiement en espèces est plus simple et que le chèque impose des contraintes (dont celui de l’endossement), le mode de paiement par chèque offre plus de sécurité. En cas de perte ou de vol du chèque on peut toujours adresser une opposition au tiré qui va alors refuser de payer le chèque remis… Ce qui n’est pas le cas de la monnaie !
S. Aït Larba
