Les militants du FFS étalent leur linge sale

La conférence politique d’évaluation du FFS devant se tenir hier à la Maison de la culture, a été finalement reportée sine die, en raison de l’absence des militants. La soixantaine d’éléments présents à cette réunion a préféré la polémique, mais pire que cela, l’étalage du linge sale du parti. Lors d’un débat houleux, les participants n’ont pas lésiné sur les mots pour tirer à boulets rouges sur la section du parti à Tizi Ouzou accusée de fermer ses portes aux militants et aux citoyens. La fédération de Tizi Ouzou n’a pas été épargnée par les tirs croisés des intervenants qui lui reprochent sa présence fictive sur le terrain. Le rôle de la commission ad hoc, à qui revient la tâche de l’organisation a été mis sur le tapis par plusieurs militants, à l’image de R. Khemissi, un élément très actif au FFS, qui s’est interrogé sur le premier responsable de cette échec. Abordant dans le même sens, son camarade Ourab a déclaré que « c’est une situation catastrophique, lorsqu’on constate que le FFS n’a pas pu remplir la salle de théâtre de la Maison de la culture. La responsabilité incombe à ceux qui sont arrivés au bout de leurs limites », ajoute-t-il encore. Le hic, c’est que même la commission n’a pas été tenue au courant de cette conférence, à en croire l’un de ses membres. Ali Toufi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a déclaré : « La commission ad hoc dont je suis membre, n’a même pas été informée de la tenue de cette conférence. Si la section est toujours fermée » enchaîne-t-il « la fédération n’existe même pas sur le terrain », avant de clamer devant l’étonnement des membres du secrétariat national. « Il y a beaucoup d’intrus au FFS qui œuvrent pour sa déstabilisation. Il est temps qu’il réagisse où qu’il rende l’agrément ». Le président de l’Association des parents d’élèves de Tizi Ouzou a révélé que des écrits portant sur le dysfonctionnement des structures du parti et de la violation de ses statuts destinées à la direction du parti sont restées lettre morte. D’autres intervenants pensent qu’il faut changer de mentalité au sein du plus vieux parti d’opposition, en opérant un assainissement complet de toutes les structures. Lemdani Madjid, membre de la direction nationale, chargé des finances avait déjà au départ, fonné le ton à la rencontre, en faisant lecture de l’intervention du premier secrétaire national, Ali Laskri, en janvier 2006 devant les membres du conseil national. Il a souligné que l’heure au FFS est à l’imagination et la réflexion. La mise en place de la série de conférences politiques d’évaluation répond aux exigences de l’heure. Une fois l’étape du recensement des militants et la prise en charge des préoccupations terminée, le FFS attaquera l’assanissement et la restructuration du parti. De son côté, Tadassa Moussa, qui a reconnu l’existence du dysfonctionnement au sein du plus vieux parti d’opposition a affirmé que la série de conférences politiques d’évaluation est une halte pour se regarder dans une glace. « Le parti est traversé par des dysfonctionnements organiques et autres problèmes. L’objectif est de passer d’une résistance pacifique à une alternative démocratique et sociale », dira-t-il. C’est ainsi que la réunion devant traiter de la vision rétrospective et introspective du FFS depuis 1990 s’est terminée sur un constat mitigé, puisque les militants ont préféré tout bonnement débattre des problèmes.

M. Aït Frawsen