Le nouveau siège de la mairie pour bientôt

Promue au statut de commune lors du dernier découpage administratif de 1984, la commune de M’kira dont la population s’élève à plus de dix-neuf mille habitants souffre du manque d’édifices publics. Aussi bien la poste que la mairie sont abritées par des locaux trop exigus. Après de nombreuses démarches, les anciens élus ont pu tout de même faire inscrire au profit de cette municipalité le projet d’un siège pour la mairie. Dernièrement, le projet en question a été lancé. Ce sera une construction de deux étages où seront regroupés tous les services. Cet édifice en construction domine le chef-lieu, le président d’APC nous a fait savoir que les travaux ont atteint un taux d’avancement de 80%. « Si tout va bien, la nouvelle mairie sera opérationnelle d’ici le mois d’octobre prochain », nous a déclaré le maire qui voit dans la réalisation de ce siège un soulagement. Effectivement, notre interlocuteur a raison, car aujourd’hui aussi bien les usagers des différents services que les fonctionnaires vivent un calvaire permanent dû essentiellement à la promiscuité. « Enfin, on pourra enfin respirer. En été, surtout, on suffoque », a estimé un agent du bureau de l’état civil. Dès que ce nouveau siège sera achevé, les bureaux actuels seront affectés à d’autres services car à M’kira, tout manque, il n’y a ni agence bancaire ni encore moins d’antenne Sonelgaz ou d’annexe CNAS. Ce projet ne fera que renforcer le service public dans cette région, ô combien déshéritée. C’est le souhait de tout un chacun dans cette municipalité qui a enfanté l’un des héros de la Révolution algérienne, en l’occurrence le colonel Ali Mellah connu sous le nom de guerre « Si Cherif ».

Retard dans le lancement de logementsS’il y a une commune où le nombre de logements peut être compté sur les doigts d’une seule main, ce ne peut être que M’kira. Si ailleurs, on entend parler de la réalisation de centaines de logements, toutes formules confondues, dans cette municipalité, même les logement sociaux n’arrivent pas à être lancés. Selon les responsables locaux, aucun programme n’a vu le jour dans cette localité, à l’exception des six logements destinés aux fonctionnaires des collectivités locales lesquels sont d’ailleurs toujours squattés. Cette commune a bénéficié de deux projets (seize et dix logts), mais leur lancement est en butte à de nombreux problèmes. Un entrepreneur a procédé aux terrassements du premier projet. Seulement, après quelques mois, il a quitté les lieux, si bien que le projet est resté en souffrance. Pour en savoir plus sur cette situation, nous avons contacté le maire de M’kira. « La cause essentielle dans le retard du lancement de ces projets est le manque d’entreprises. Car le prix du mètre carré n’a pas changé proportionnellement aux nouveaux prix des matériaux de construction. Les entrepreneurs ne sollicitent pas ces projets, surtout qu’ils sont situés dans des zones rurales », nous a-t-il déclaré. Effectivement l’augmentation des prix, notamment ceux du sable et du fer à béton en décourage plus d’un. « Je préfère mieux prendre un marché en ville ou dans la plaine que d’aller travailler à M’kira. Les transporteurs exigent de nous des prix exorbitants. Pour que ces chantiers trouvent preneurs, il faudrait que l’OPGI revoit ses prix d’un côté, et que l’Etat nous accorde une certaine exonération d’impôts d’un autre côté », tel est l’avis d’un entrepreneur local. Il faudrait souligner que la commune de M’kira est l’une des localités des plus pauvres de la wilaya pour ne pas dire d’Algérie, si bien que l’on trouve qu’aujourd’hui plus de quatre cents bénéficiaires des aides de la CNL mais dont la plupart n’ont pas de quoi financer la première tranche de leur construction. Même si le problème pour la réalisation des deux projets en question sera résolu, la solution ne sera pas trouvée pour aurant pour ces centaines de pères de famille qui aspirent à avoir un logement décent. « Misère quand tu nous tiens », ne cessent-ils de répéter à chaque occasion.

Amar Ouramdane