Taourirt résonne encore

Comme lors d’un festival qui réunirait des stars, pour un quelconque concours, Taourirt Menguellet ne cesse d’accueillir les vedettes de la chanson kabyle. Alors que les dernières notes jouées par Mohamed Allaoua et consorts sont encore fraîches dans nos oreilles, que d’autres prennent le relais. Une dizaine de jours seulement après la première fête où nous avons assisté à une semaine folle où se sont succédé, sur scène, les Medjahed Hamid, Ammour Abdennour et les autres, voilà qu’un autre groupe tout aussi fringant prend le relais pour fêter le mariage d’un autre jeune. Il n’y a pas de place pour la répétition. Ce sont de nouvelles stars qui arrivent à Taourirt, au grand bonheur de ses habitants qui n’en demandaient pas tant. Ainsi, chaque jour, après le dîner, jeunes, vieils hommes et femmes s’installent dans l’aire de stationnement de Thajmaât, pour la soirée. Mercredi, c’est Idheballen qui ont donné le « la » à une semaine qui s’annonce très chaude suivis de Celina, Alilou et Kamel Baci qui se sont relayés à la tribune installée pour la circonstance, pour égayer tous ces jeunes assoiffés de musique. Jeudi, c’est la voix de Rabah Asma, de concert avec celle de Brahim Medani, qui se sont répercutées de colline en colline jusqu’aux confins du Djurdjura. Hassiba Amrouche, en compagnie d’un jeune chanteur, a monopolisé la soirée du vendredi. Elle sera suivie, le lendemain samedi, par Farid Gaya et Moh Amichi sous les yeux de Ait-Hamid qui n’a pas chanté ce soir-là. Et ce n’est peut-être pas fini. Comme lors des grandes fêtes, on parle de surprises pour les jours à venir. L’attention des jeunes de la région, sevrés de musique, est monopolisée par Taourirt et chacun trouve le prétexte d’une visite à un ami ou à un parent du village, pour se retrouver invité à ces galas. Aucune salle ne peut contenir tout ce public, venu des quatre coins de la commune, attiré par ces soirées haut en couleur et gratuites. Les villageois, de tous âges, sont tous là à admirer, en chair et en os, ceux qu’ils n’avaient l’habitude de voir qu’à la télévision et encore… Certaines vieilles qui n’ont jamais connu d’autre univers que leur village, ont là, l’opportunité d’être aux premières loges des galas réservés habituellement aux privilégiés des grandes villes. Cette année, les adeptes de la chanson kabyle, qui sont partis en vacances, ailleurs, ont eu tort. Une autre occasion de retrouver cette belle pléiade de chanteurs se produisant ensemble, ne se répétera pas de sitôt. L’été 2006 restera dans les annales du village et il se passera certainement beaucoup de temps avant que des « ouraren » pareils ne reviennent. Les présents ont été comblés de bonheur.

Nacer B