L’Algérie est actuellement classée parmi les trente pays au monde menacé par les affres de la soif, et ce selon un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé. Une position temporaire car selon des experts de l’OMS, il est fort probable que nous puissions nous échapper du peloton des “soiffards”. Selon les prévisions de ces experts, l’Algérie devrait, d’ici horizon 2025 être propulsée sur le devant de la scène pour accéder à la septième place. Une bien triste place dont on se serait fort bien passé, mais les résultats sont là. Les “efforts” des différents dirigeants qui ont eu à se succéder à la tête des départements chargés de distribuer l’eau potable, sont constatables sur le terrain. Pas une commune n’est épargnée par les restrictions en eau, pas un seul village n’est en mesure d’étancher la soif de ses habitants. Le spectre qui se profile pour les générations futures est la mort par déshydratation. Pourtant si l’on s’amusait, si on peut dire ainsi, à compter les milliards dépensés pour acheminer le précieux liquide vers les robinets on s’apercevrait que la réalisation de derricks coûte beaucoup moins cher que les canalisations en amiante, car il en existe toujours et qui demeurent enfouies sous le sol. Ces canalisations qui sont pour la plupart du temps enchevêtrés avec les réseaux d’assainissement sont autant de menaces qui planent en suspens sur la tête des citoyens algériens. En évoquant la sempiternelle crise d’eau potable avec un édile d’une commune reculée de la wilaya de Bouira, ce dernier répondra à juste titre d’ailleurs que “même l’oued est à sec” De ces propos, retenons tout d’abord que la commune en question est belle et bien alimentée en eau potable à partir d’un oued ! Devant cet état de fait on imagine que la population locale est “abreuvée” à défaut de pouvoir étancher sa soif. Abreuver, un terme définit par le “micro Robert” comme “faire boire abondamment (un animal) abreuver un troupeau”. Auparavant ce mot était juste usité en parlant de bétail, et encore en lui procurant de l’au de manière abondante. Dire qu’en 2006, on continue à traiter les citoyens comme si l’on s’occupait d’un troupeau de vache. Pire que du délire cette réalité renseigne sur l’état d’esprit de nos dirigeants qui veulent nous faire gober n’importe quoi, sauf de l’eau potable. Pour anecdote, une petite ville d’Australie située non loin du tropique du Capricorne, prépare un référendum populaire avant la fin de l’année en cours afin de décider si la population est favorable pour boire…ses eaux usées. Des eaux usées qui seront soigneusement traitées via une station d’épuration et bassins de décantations. Après plusieurs mois de traitements divers, cette eau pourra être resservie aux citoyens après analyses bactériologiques. En Algérie aucune politique claire concernant l’alimentation en eau potable. Certes des sociétés étrangères de renommée mondiale se penchent actuellement sur la gestion du précieux liquide mais la crise subsiste. Le conseil national de ‘l’eau instauré à une certaine époque est quant à lui gelé, pas étonnant donc de tirer la langue pendant cette période de grande chaleur. Une politique claire comme de l’eau de roche, sans anguilles dessous, serait souhaitable afin de revitaliser les esprits, sans apporter trop d’eau aux moulins de l’absurdité.
Hafidh B.
