Un mois de juillet tout feu tout flamme

Depuis le début du mois de juillet, il ne se passe pas une journée sans qu’un incendie se déclenche, ce sont pas moins de vingt foyers en divers points du territoire de la daïra sur lesquels sont intervenus les pompiers. L’abondance cette année de hautes herbes sèches tant dans les champs cultivables (dont la majorité ne l’est plus) qu’à l’intérieur même des forêts et des buissons, font que la moindre étincelle déclenche des incendies qui se propagent à une vitesse vertigineuse dans toutes les directions. Quelle que soit la rapidité que mettent les pompiers à arriver sur les lieux, celle du feu étant plus importante, ce sont à chaque incendie de vastes surfaces qui sont dévorées par les flammes et la catastrophe s’en va grandissante. Les deux derniers incendies en date sont ceux observés ce vendredi : le premier au niveau de la nouvelle décharge publique de Saharidj où le feu a débordé pour s’attaquer aux grands buissons composés de bruyère et de jeunes chênes et fort heureusement, l’existence d’une voie d’accès automobile a permis aux pompiers de le circonscrire rapidement et limiter les dégâts. Le second, par contre, qui a pris naissance à Thiniri que seul un ravin sépare du village Illithen, a été difficilement éteint car en plus de l’absence d’une piste praticable, la nature de la végétation composée de chaume (dis) et de ronces ne permet pas de s’en approcher sans danger et de plus il est situé en haute montagne. Le feu fut alimenté et propagé par des vents assez forts, de grandes surfaces ont été dévastées avant que nos véritables « guerriers du feu » n’arrivent à le maîtriser. N’est-il pas temps de penser à d’autres moyens de lutte contre les incendies autres que ceux terrestres, inutiles dans la plupart des incendies en montagne ? La voie aérienne reste la plus efficace en ces lieux où survivent encore les derniers spécimens de cèdres noirs de la planète. Ces arbres en voie de disparition ne méritent-ils pas un effort financier pour leur protection? Il n’y a qu’a faire un tour du côté des villages Imesdhurar (Ainsar giddawen) et Tikdjda pour se rendre compte des dégâts terribles occasionnés par le feu sur ces cèdres, « Amoureux de la nature et sensibles s’abstenir » le choc ne serait pas des moindres à la place de ce qui a été un coin paradisiaque grâce justement à la présence du cèdre, c’est plutôt un cimetière des arbres qui s’offre au regard avec leurs squelettes décharnés et calcinés mais encore debouts comme dans un ultime sursaut de survie refusant de s’allonger et disparaître définitivement. Ces cèdres pour la plupart géants ont vu défiler des milliers d’années. En attendant que d’autres moyens plus efficaces soient mis à leur disposition, nos soldats du feu sont sur le… sentier de guerre et luttent avec acharnement contre un élément naturel qui les défie quotidiennement et sans répit en multipliant les fronts, une lutte passivement observée par une population qui ne se sent point concernée même quand ce sont leurs propres maisons qui sont menacées, sachant que toutes les villes et villages de la daïra sont étroitement cernés par une forêt dense. Une ceinture végétale qui peut se transformer en cercle de feu à tout moment, un risque omniprésent pendant les six mois que dure la saison sèche.

Omar Soualah