Les logements de « l’impatience légitime »

Ils sont là, neuf (9) bâtiments dont six (6) sont pratiquement achevés. C’est beau, c’est réussi, cela embellit le paysage aux alentours : lui, au moins, a gagné au change. Les heureux « bénéficiaires » de ces fameux logements sentent l’impatience les gagner. Comment ne pas l’être quand on sait que les délais de réalisation (22 mois) sont largement dépassés ? Comment ne pas l’être lorsqu’on sait pertinemment que chacun s’est acquitté de ses redevances et que l’on continue d’attendre ? Comment ne pas l’être lorsqu’on s’est plié aux critères dans l’espoir de devenir « bénéficiaire » et que l’on doive encore… patienter. Et jusqu’à quand ? La question ne peut obtenir de réponse que de la part du promoteur (OPGI de Tizi-Ouzou) tenu de respecter sa part du contrat. Selon un document adressé à la direction de l’OPGI de Tizi Ouzou, dont une copie nous est parvenue, les doléances sont nombreuses et urgentes. A la lenteur incroyable et inadmissible des travaux s’ajoutent certains manquements qui vont des VRD (Voirie et Réseaux Divers) non entamée à la délimitation de la cité, chose réclamée de toute urgence compte tenu des indus occupants qui squattent les alentours, en passant par l’évacuation des eaux usées des voisins qui généreront bientôt, si aucune mesure n’est prise, une situation des plus dangereuses pour la santé publique, ainsi que l’aménagement d’un espace pour enfants. D’autant plus que les postulants ont constaté que les piliers d’assise ont subi des piquages (chose inadmissible et inconcevable !) qui risquent d’amoindrir leur résistance et que cela influerait négativement sur toute la structure ! Pourtant, chaque pilier a bénéficié d’une couverture en briques pour éviter justement ce genre d’atteinte. 90 logements sont déjà achevés et il n’en reste plus que 60. Comme le cahier des charges parle de 150 logements, la question (que chacun se pose) est de savoir si les 90 logements achevés vont être attribués ou bien s’il faut attendre que les travaux des 60 autres soient terminés. Faudrait-il procéder à une réception partielle ou attendre une réception complète et intégrale ? Au rythme de la construction, se dirige-t-on vers une situation aberrante et totalement inadmissible où le sacrifice des bénéficiaires aura été vain ? Comment comprendre que les services financiers adressent des « mises en demeure » à tous les bénéficiaires mis dans le même panier, leur enjoignant de s’acquitter de la redevance en vertu d’un échéancier que chacun s’est fait un devoir de respecter, même ceux qui ont brillé par leur ponctualité ! L’emploi de « mise en demeure » qui, de prime abord, ne ménage pas la susceptibilité de celui auquel il est adressé, sous-entend un degré de culpabilité que chacun des bénéficiaires se refuse d’accepter ! Et c’est ainsi que la « victime se trouve dans la triste obligation de plaider non coupable » ! Et dire que chacun s’est endetté pour acquérir un toit pour sa famille ! Et dire que chacun s’est sacrifié pour que ses enfants « habitent » chez eux ! Et, ce qui semble incroyable, les fameux documents spécifiant les contrats, les devoirs et les obligations, le « cher VSP (Vente Sur Plan) » de rigueur dans tout contrat n’ayant pas été remis aux intéressés ! De quoi ces futurs « propriétaires » vont-ils se déclarer…propriétaires, tandis qu’on leur a donné le numéro de compte dans lequel il faut impérativement verser la redevance aux délais de rigueur ? Les « bénéficiaires » se sentent lésés dans leurs droits. A travers leur dernier écrit en date, il ne demandent qu’une chose : « Ils ont payé pour acquérir un logement, ils se sont sacrifiés pour ce faire, ils ont patienté » mais l’impatience commence à gagner du terrain devant les retard préjudiciables qui obèrent leur budget familial car, il ne faut pas l’oublier, certains payent encore un loyer pour leur résidence actuelle, car, il ne faut pas l’oublier, certains logent dans des conditions qui leur ont imposé le sacrifice et l’abnégation. Et pourtant ! Si les postulants demeurent toujours sous l’étiquette primaire de « postulants », si les logements demeurent toujours inoccupés, faute de réception et d’attribution, un encart publicitaire (publié à travers la presse) ouvre la voie à l’acquisition des locaux commerciaux (Fonds et murs) par vente aux enchères. Ainsi, ceux qui se sont échinés à financer l’acquisition du terrain, ceux qui ont achevés…dans les temps, devront encore attendre, encore et encore, sinon eux personnellement, du moins leurs familles. Une chose est claire : selon des documents dont nous sont parvenues des copies, la volonté du gouvernement d’aider à l’accession à la propriété par le biais de la CNL, risque de ne pas aller à son terme. Les bénéficiaires ont respecté leurs engagements. Au promoteur de remplir sa part du contrat dans les délais impartis et selon le cahier des charges. Il ne s’agit pas de « payer aujourd’hui pour habiter…si Dieu le veut… un jour ou (selon la volonté divine) peut-être…jamais » ?

Sofiane Mecherri