Vive le plurilinguisme !

Le temps est loin où les autorités algériennes, s’enfermant dans une sorte d’autarcie suicidaire, défendaient, becs et ongles sortis, le monologuisme, sous prétexte de défendre l’identité nationale et de se prémunir contre l’invasion culturelle. Aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse qui se produit : le monolinguisme et le mono-culturalisme sont stérilisants, en tout cas, ils n’offrent pas à la société algérienne l’ouverture sur le monde à laquelle elle aspire. Le président Bouteflika a encore réaffirmé le principe du bilinguisme, en déclarant à la Conférence africaine sur l’éducation qu’il est favorable à l’enseignement des langues étrangères dès la première année primaire. Les pédagogues et les linguistes qui préconisent un apprentissage précoce des langues secondes, ne peuvent que lui donner raison. Dans certains pays, comme l’Italie, l’Espagne ou la Turquie, on essaye même de développer un enseignement scolaire en deux langues pour familiariser les élèves avec les langues étrangères et leur donner l’occasion de les pratiquer pour l’acquisition des connaissances autres que les connaissances linguistiques. Ceux qui disent que l’apprentissage précoce des langues étrangères nuit à celui de la langue première ont tort : des études ont démontré, au contraire, que c’est au contact d’un autre système que l’enfant prend conscience du fonctionnement des structures de sa langue et, par conséquence, les assimile mieux. Des études ont encore montré que le plurilinguisme aide l’enfant à prendre du recul par rapport à sa langue et à sa culture et aller vers d’autres langues et d’autres cultures et, par conséquent, à devenir plus tolérant.

S. Aït Larba