Avant même la reprise de l’année scolaire, des élèves, accompagnés ou non de leurs parents, s’agglutinent devant les portails des lycées et des collèges, demandant à être reçus par l’administration. Il s’agit des exclus de l’enseignements, des recalés du bac ou du brevet atteints par la limite d’âge et qui, au terme de la réglementation, ont fini leur scolarité. ‘’Les établissements sont fermés » leur répond-on, il faut attendre la reprise, fixée au début septembre. Mais beaucoup savent que même en septembre, ils ne seront pas reçus. Les établissements sont à l’étroit et le nombre de places réservés aux recalés sont limitées : la sélection, très sévère, s’appuie sur des critères tels l’âge, le fait d’avoir refait ou non une classe, les résultats scolaires… Mais on sait aussi que dans ce domaine, le concours d’influence –ou, comme disent les gens, le piston- bat son plein. Beaucoup d’exclus ne seront pas repris donc, mais depuis quelques années des chances sont offertes à ceux qui veulent repasser le bac : classes spéciales, cours du soir, cours du CNEG… La situation des exclus du moyen est plus dramatique : les élèves, qui ont généralement 16-17 ans ne disposent pas, comme les recalés du bac, de structures de rattrapage, et ils ne peuvent pas, en fonction de leur âge, accéder au marché du travail. Il reste la formation professionnelle mais beaucoup, en l’absence d’informations, ne parviennent pas à fixer leur choix ou alors s’orientent vers des branches qu’ils s’empressent de quitter.
S. Aït Larba
