Une situation inextricable

Depuis maintenant près de trois ans, l’année scolaire débute sous fond de réclamations au niveau de l’école primaire de Sanana. En effet, ce rendez-vous n’est pas marqué dans la joie tout comme auparavant. Car, une partie de l’établissement est occupée par des personnes étrangères à l’école. Si ailleurs, on apprend que les enseignants ont repris le plus normalement leur mission, dans ce village, sitôt installés, ces éducateurs songent déjà à un mouvement de grève. « On ne peut plus supporter cette situation. Les écoles ne sont pas des centres de recasement. Cela fait maintenant trois ans que ces familles occupent un logement et une salle de cours », dit avec colère un enseignant avant qu’un autre n’intervienne : « Le préavis de grève est déposé. Tout le monde est au courant de ce problème. L’année dernière, nous avons gelé la grève car des promesses nous ont été données. Une année après, rien n’est envisagé ». De leur côté, les parents jurent de fermer l’établissement. « C’est inadmissible que nos enfants soient en contact avec des personnes adultes qui n’ont rien à voir avec la famille éducative. Parfois, ils ne peuvent même pas aller aux sanitaires. Car, ils sont souvent occupés », nous a déclaré un parent d’élève. Effectivement, force nous a été donnée de constater que les responsables tombent toujours dans la facilité. En principe l’école est un lieu sacré, personne ne doit y pénétrer autres celles prévues par la réglementation. Devant cette colère des uns et des autres, le directeur de l’école qui n’a d’ailleurs pas laissé cette situation telle qu’elle s’est rapproché à maintes reprises des autorités locales. On a appris qu’une solution sera trouvée dans moins de quinze jours. « Les familles seraient recasées ailleurs », nous a confié une source sous le couvert de l’anonymat. Pour les enseignants, c’est l’ultime chance donnée aux responsables, sinon leur mouvement de grève illimitée serait relancé.

Amar Ouramdane