Lorsqu’un citoyen outrepasse la réglementation, il est rappelé à l’ordre par les organismes chargés de l’application de la loi. Dans le cas des constructions privées, la subdivision du permis de construire est subordonnée au rapport des services de la subdivision des travaux publics (ex-ponts et chaussées).
Cependant, d’après nos constatations, ces derniers ne semblent pas concernés par la loi qui ne devrait être appliquée que pour les autres. C’est ce que nous sommes tentés de croire, si l’on se réfère au bâtiment en construction au profit de cet organisme.
Ainsi, en plein centre-ville, le constructeur au lieu d’aligner la bâtisse sur les constructions voisines, a plutôt préféré empiéter sur le trottoir pour avoir plus d’espace. Il est vrai que les dimensions de l’ancien garage détruit pour servir d’assiette sont restreintes et ne permettent pas, en surélévation, un appartement de « haut standing ». Mais cela ne justifie nullement que l’on foule aux pieds les textes de la république et de surcroît par ceux qui sont censés les appliquer dans toute leur rigueur. Là où le bât blesse, c’est lorsqu’on sait, selon le vice-président d’APC, qu’une mise en demeure aurait été adressée aux services concernés, sans pour autant qu’ils en tiennent compte. Au contraire, ils ont accéléré les travaux pour arriver à la situation du fait accompli. Si l’APC n’arrive pas à remettre de l’ordre dans la ville, il devrait tout de même y avoir une institution pour le faire à sa place. Qu’aurait-on fait s’il s’agissait d’un simple citoyen ? Et si les voisins décidaient, du jour au lendemain d’avancer leurs locaux au niveau de la nouvelle construction ? Les passants, dépités ne manquent pas de relever l’infraction qui saute aux yeux. Ils se font un plaisir de railler ceux qui devraient mettre un frein à ce désordre. Les riverains ne cessent d’attirer l’attention des autorités locales sur la situation qui n’est pas la première du genre. On se rappelle, en effet, qu’il y a quelques années, l’APC a agi de la même façon lors de la reconstruction de l’ancienne gendarmerie.
Depuis, beaucoup de particuliers l’imitent. Qui osera leur parler de législation si ce sont les services de l’Etat eux-mêmes qui sont les premiers à instaurer l’anarchie. Les habitants de Michelet ne peuvent que relever « la loi des deux poids, deux mesures », chaque fois que l’occasion leur est donnée de passer devant la construction.
Ils attendent qu’on leur démontre que « nul n’est au-dessus de la loi », en remettant chacun à sa place. Ils veulent bien croire qu’à Michelet aussi, l’Etat est présent pour leur bien.
Nacer B.
