La fraude existe, et les chiffres contradictoires

Le phénomène de la fraude dans le secteur des assurances est à prendre très au sérieux et les compagnies activant dans le domaine sont même interpellées à conjuguer leurs efforts et à entreprendre des démarches communes afin de faire face à ce véritable fléau qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Même si les chiffres avancés par le Conseil national des assurances (CNA) qui ont évalué l’étendue de ce phénomène à 6% et ceux présentés par les chargés du programme Meda qui ont fait état d’un taux plus alarmant avoisinant les 40 %, la réalité est là : la fraude existe bel et bien dans ce secteur. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré Abdelmadjid Messaoudi, secrétaire permanent du Conseil national des assurances, lors d’une conférence de presse animée avec Abdelmalek Belarribi, chef de division marketing à la SAA et Ahmed Bacha, membre de l’Union algérienne des sociétés d’assurances et de réassurances.

Tous ces responsables ont été unanimes à dénoncer cette pratique et à affirmer que les fraudeurs dans le domaine des assurances activent sous forme de réseaux qu’il faut impérativement endiguer, par un travail de coordination auquel doit prendre part l’ensemble des assureurs.

Afin d’étayer ses propos et illustrer l’ampleur de la fraude dans ce secteur, M. Belarribi, a fait savoir que dans la compagnie qu’il représente : la SAA, les opérations de fraude liées essentiellement aux fausses déclarations des capitaux et aux indues indemnités accordées dans des cas de sinistres, sont évaluées à 10 milliards de centimes chaque année.

10,9 milliards de chiffre d’affaires réalisé durant le 2e semestre 2006

Évoquant un autre volet se rapportant à la production, le secrétaire permanent de la CNA a relevé la nette évolution qu’a enregistré le secteur, avec la réalisation pour la seule période du 2e semestre 2006, d’un chiffre d’affaires estimé à 10,9 milliards de dinars, et cela en dehors des acceptations internationales de la CCR. Une croissance de l’ordre de 6,9 % par rapport à l’année écoulée et un plus important pourcentage pour la branche automobile qui a progressé de 14 %.

Viendront ensuite les deux branches des transports et des personnes qui ont connu des progressions respectives de 9 et 14 %.

Un autre point a été également soulevé par le représentant de la CNA qui a relevé que les statistiques, notamment en matière d’assurance contre les catastrophes naturelles, font défaut il a annoncé aussi qu’une étude dont les résultats seront rendus publics avant la fin de l’année en cours a été déjà initié afin de pallier cette lacune. Il fera toutefois savoir que les gens ont tendance à assurer leurs biens puisque 120 000 dossiers pour assurance d’immobilier contre les catastrophes naturelles ont été déposés au niveau de la SAA.

H. Hayet