L’activité du commerce parallèle est plus que jamais établie dans la ville des Genêts à l’instar de toutes les villes du pays. Cette situation semble s’éterniser sans que personne s’inquiète outre mesure. La colère quotidienne des commerçants des principales rues, qui ont à maintes reprises multiplié les démarches auprès des autorités compétentes n’auront aucun effet sur l’impressionnant flux de vendeurs à la sauvette qui ont accaparé les trottoirs délabrés par endroit et puants de la rue Abane Ramdane, le rond-point, les jardins publics, et diverses ruelles étroites que les citoyens et les automobilistes les plus avertis évitent de fréquenter ou d’emprunter.
Les plaintes et les complaintes des commerçants des endroits sus-cités sont restées lettre morte et l’association des commerçants de la wilaya de Tizi Ouzou ne semble point jouer son rôle de porte-parole permettant ainsi aux vendeurs à l’étalage d’asseoir une pratique pourtant réprimée par la loi et que les nombreuses saisies opérées par les services de police n’ont pas endiguée. Il est vrai que la passivité de bon nombre de directions, surtout l’APC, contribue grandement au développement du commerce parallèle que les autorités locales tentent de “régulariser” en distribuant des autorisations de ventes à même le sol, sur les trottoirs absorbés par les trémies, qui de l’avis des Tizi-ouzéens, n’ont rien réglé en matière de fluidité de la circulation, avoueront quelques commerçants au centre-ville, lors de notre passage mardi dernier. “Nous sommes désemparés par cet état de fait lamentable” tempête un autre boutiquier en prêt-à-porter en habillement à côté du bâtiment bleu. L’argument avancé pour la régulation est celui de l’encouragement à “l’emploi” des jeunes”.
Une manière de noyer le poisson dans l’eau et bien faire “bénéficier” certains points de ventes légaux en plein cœur de la ville. Aucune logique n’explique ce genre de démarche qui a énormément encouragé une pratique courante dans cette cité devenue par la force des choses, la ville la plus insalubre du pays, où les lieux publics se transforment en “commerce” à la moindre occasion. L’historique de la vente à la sauvette dans la ville des Genêts est difficile à relater, mais les premiers à être occupés indûment sont : la rue Abane Ramdane, le jardin public jouxtant l’ancienne/nouvelle station de taxis et récemment celui à proximité de la mosquée.
Le boulevard qui longe le CHU, jusqu’aux portails de l’université n’est pas en reste. Les denrées alimentaires exposées à même le sol, devant des tas de détritus, dans cette rue, sans aucune norme de conservation, yaourts, biscuits, confiserie et même le pain…. sont l’apanage des vendeurs occasionnels ou à la sauvette qui telle une mafia où imposent leur diktat aux petits commerçants légaux situés dans la même artère.
Cette dernière, très commercialise et aussi un passage obligé pour les étudiants et autres citoyens, est prise d’assaut dès 8 heures du matin par les tradendistes qui commencent à étaler leurs marchandises devant les boutiques des commerçants bloquant le passage des piétons et des entrées des magasins. Impossible de regarder une vitrine, pratiquement cachée par les crieurs qui appellent les clients à la bonne affaire sous l’œil impuissant des commerçants, pourtant détenteurs de registres du commerce et s’acquittant régulièrement de leurs impôts. “Si cette anarchie persiste, je serai dans l’obligation de mettre la clef sous le paillasson” nous confie un commerçant en alimentation générale à côté du CHU. “Nous avons beaucoup espéré du nouveau wali, lorsqu’il a commencé à mettre de l’ordre à Tizi Ouzou, mais nous avons constaté que ses tentatives étaient vaines”, déplore-t-il encore. Il est démontré en effet que la concurrence est dure et même illégale, puisque les “crieurs” cassent les prix (aucune taxe à payer, ni autres charges, loyer, électricité, sécurité sociale, impôts…) pratiquant ainsi des prix défiant toute logique commerciale. Tout cela se passe au grand jour, en toute impunité sans que ces pratiques ne soient réprimées.
Toute cette anarchie semble pourtant être bien orchestrée, tant il est vrai que cela se passe sous l’œil passif des pouvoirs publics lesquels comme pour envenimer la situation procèdent à la location d’espaces en plein centre-ville, sous-couvert de manifestations économiques. Les souks poussent comme des champignons dans une ville déjà étouffée par le poids des problèmes et surtout d’une gestion aléatoire des élus préoccupés par on ne sait quelle priorité, laissant la cité entre les mains des trabendistes qui règlent le bazar de la vente à la sauvette comme du papier à musique sans aucune crainte des autorités locales dont la passivité et l’indifférence sont devenues le credo.
S.K.S.
