Les déclarations faites à la presse nationale par le premier responsable du RND, en marge du conclave à huis clos des 121 élus d’Alger de sa formation, qu’il a présidé à l’hôtel Safir renseignent sur les nouveaux choix et visées de l’ex-locataire du palais du gouvernement. En réaffirmant encore que les sénatoriales du 28 décembre ne sont pas le premier souci du RND, Ouyahia connaît toute la difficulté du moment pour ravir le rôle de leader au vieux parti dans la chambre haute du parlement. En plus de la loi du nombre, favorable dans la pratique au parti de Belkhadem, le renouvellement du tiers présidentiel du Sénat ne se fera certainement qu’au détriment du RND, à partir du moment où Bouteflika veut propulser des noms de son entourage dans l’hémicycle de l’ex-rue de la liberté, et plusieurs noms proches du FLN sont déjà cités. Néanmoins, Ouyahia qui a annoncé un périple le conduisant à visiter près de quarante wilayas, n’a pas pu cacher l’intérêt à ne pas perdre la présidence du Sénat, en affirmant que dans le cas de la présidence du Sénat, il ne s’agit pas d’un poste de Sénateur mais d’une institution.
Ouyahia, qui a annoncé les primaires de son parti à Alger à partir de ce jeudi, au moment où sa formation est en phase d’achever cette opération dans d’autres wilayates, cherche à rehausser ce rendez-vous électoral, en misant sur le maintien du prestigieux siège de sénateur de la capitale au sein de son parti. D’ores et déjà, des sources proches de ce parti parlent de trois candidats, dont le plus en vue est Zitouni, le maire d’Alger-centre. Tout en récusant les lectures qui font que le RND table sur des dividendes lors des prochaines sénatoriales, Ouyahia n’a pas omis d’insinuer que son parti se veut incontournable durant ce rendez-vous, en affirmant que la bataille ne réside pas dans le fait d’aller chercher un électeur neutre, mais la victoire dépend de l’art et la manière avec laquelle son équipe jouera. Sur ce point précis, le jeu des coulisses a commencé au sein du RND, dès le constat de sa défaite face à son rival, lors des dernières élections locales. Rien que pour la wilaya d’Alger, la formation d’Ouyahia a pu récupérer deux autres communes, à savoir Kalitous et Shaoula, au moment où des membres de la direction du RND, évoquent d’éventuelles alliances avec d’autres élus issus des différentes formations politiques. Ceci explique la longueur d’avance qu’a prise le RND par rapport à son rival, plutôt occupé depuis un bon moment à raccommoder ses fissures organiques et ramasser ce qui reste de ses élus locaux, à partir du moment où un bon nombre d’entre eux sont en butte à des problèmes avec la justice.
Ouyahia est resté fidèle dans la caution que son parti a donnée au président de la République. Là aussi, l’ex-chef de l’exécutif est revenu sur la question de la révision de la Constitution, en annonçant que son parti fera campagne pour ce projet. « Quand il y aura le projet, s’il y a compagne nous la ferons », avait-il soutenu. Ceci atteste que le premier responsable du RND a déjà tranché les choix politiques de sa formation, en refusant de s’attarder dans des débats autour de projets qui n’ont pas encore vu le jour. Ouyahia qui a tenu un discours de près d’une heure, lors du huis clos de l’hôtel Safir, semble avoir décidé de ses priorités de l’heure. En exhortant les instances de son parti dans la wilaya d’Alger à travailler dès maintenant et à se préparer pour les rendez-vous électoraux de 2007, et surtout à ne pas négliger les APW, l’actuel patron du RND veut reconquérir tout ce qu’il avait perdu en 2002. Ouyahia qui sera très prochainement à Bilda, tente de réveiller les structures de sa formation politique et les faire sortir de l’état stoïque, résultat de la déconfiture de 2002. Pour 2007, Ouyahia marque sa préférence pour la chambre basse du parlement et les collectivités locales.
Hadj Bouziane
