L’affaire du pactage de Ouandadja (Barbacha) ravive la polémique autour des eaux usées déversées par le réseau d’assainissement de la commune limitrophe, Béni Mohli (Sétif), ayant contaminé cette importante source hydrique dudit village dont les habitants, très attachés à ce trésor vital en péril, se disent prêts à se battre pour mettre fin au « désastre ». Cette population n’a cessé d’alerter toutes les Autorités successives de leur commune sur cette « catastrophe » qui guettait la source de Bouabdellah, et ce depuis les années 80, mais en vain. L’été dernier, on a appris une très mauvaise nouvelle rendue publique par le bureau d’hygiène communal : l’eau de cette même source est interdite à la consommation, car elle est polluée par les eaux usées déversées par le réseau de canalisation de Béni Mohli. En première conséquence, le village le mieux alimenté en eau potable d’un captage réalisé par les mains et moyens propres de ses habitants vient de tomber dans le cyclone de la pénurie d’eau. La réaction de la population ne s’est pas fait attendre. Après plusieurs rencontres avec les Autorités qui se sont terminées en queue de poisson, les mécontents sont passés à l’action. Le siège de l’APC est pris d’assaut et fermé durant trois jours (du 25 au 27 septembre). Les Autorités qui sont interpellées pour réparer ce fait se trouvent désormais devant un fait accompli, celui d’une population de 1 400 âmes sans eau et menacée par l’apparition des MTH. Le sens de la responsabilité a pris le dessus et les responsables des deux daïra concernées, à savoir Barbacha et Beni Ourtilane se sont concertés lors d’une réunion tenue le 27 septembre et qui s’est soldée par l’élaboration d’un plan de travail pour déterminer conjointement les garde-fous à mettre en place afin d’éviter définitivement toute pollution de cette unique source. Une commission intercommunale ayant visité les lieux a constaté « le danger éminent que représente ce déversement des eaux usées, situé en amont de la source de Bouabdellah », écrit-on sur le PV de réunion et dans lequel il a été préconisé, d’établir une fiche technique et de débuter les travaux dans la semaine qui suit la consultation restreinte. Une enveloppe financière d’un milliard deux cents millions de centimes a été dégagée par les deux wilayas, mais force est de constater que les travaux ne s’effectuent que du côté de la commune polluante, donc de Ben Mohli ; quant à la tranche réservée à Barbacha, elle est simplement remise en cause. Les accords conclus entre les responsables sont tombés à l’eau, et ce suite à une visite des lieux d’une commission dirigée par le secrétaire général de la wilaya de Béjaïa en début du mois de novembre et qui a fini par préconiser les nouvelles dispositions inhérentes à la prise en charge du risque de contamination du captage en question. Il s’agit en effet de l’isolation du captage contaminé, de la mise en service d’un autre captage non touché par les eaux usées après entretien et désinfection, lancer un avis d’appel d’offres pour un nouveau captage et saisir le P/APC de Béni Mohli pour une prise en charge totale du prolongement du réseau d’assainissement. Les citoyens de Ouandadja, informés par le biais de leur association locale de ces rebondissements, n’ont pas caché leur colère et leur crainte quant à la possibilité de mettre un terme à cette délicate situation. Interrogés, nos interlocuteurs rejettent d’emblée les dernières dispositions prises car ils s’attendent à un « niet » des Autorités de Béni Mohli de réaliser unilatéralement des travaux de prolongement sur le territoire d’une autre commune. L’on vient de saisir l’APW et le wali de Béjaïa de « la situation déplorable qui prévaut au sein du village » et « la responsabilité » des Autorités locales, notamment de l’APC qui, « fuyant ses responsabilités use de mesures dilatoires et laxistes faisant fi du danger qui guette les habitants », écrit-on dans une lettre adressée au wali en date du 26 novembre. A rappeler par ailleurs que le village de Ouandadja est approvisionné en eau potable par le biais d’un camion-citerne de l’EDEMEA de Béjaïa. Un parcours de deux fois 65 km, qui, il faut le dire, ne peut satisfaire tous les habitants de cette localité lesquels ne se sont pas habitués à ces mesures de restriction hydrique. La colère gronde et les citoyens mécontents songent déjà à des actions de protestation si leurs doléances ne sont pas prises en compte. Ainsi, perdre une source d’eau dans une commune où la pénurie de ce liquide vital est monnaie courante, suite à une pollution presque progressive, peut être considéré comme un « crime ». Qui veut sauver la source de Bouabdallah ? La question reste posée et le spectre des MTH plane sur la localité de Ouandadja.
Nadir Touati
