Ziraoua : une localité qui sort de l’oubli

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Les constructions sont pour la plupart modernes et quelques-unes précaires implantées dans la zone éparse.

L’agriculture : source de ressources

Ziraoua est une région à vocation agricole. Les habitants sont attachés à la terre. Dès l’entrée au village, le visiteur a devant lui des champs parsemés de légumes de saison et oued Isser à sa droite. Ici, les agriculteurs récoltent tout. La région alimente les marchés en légumes. Les paysans commercialisent leurs produits à Aomar et à Kadiria ou livrent leurs récoltes aux commerçants au détail qui se déplacent à la contrée. En plus des récoltes de saison, tout le versant Ouest du village est une oliveraie. Lors de notre déplacement sur les lieux, des familles cueillaient les olives. Notre guide nous signale que la récolte est faible. Un agriculteur nous dira : “Cette saison, la récolte est moins bonne que l’an dernier pour des raisons climatiques”. A Ziraoua, tout le monde travaille la terre. C’est la seule ressource des citoyens. Le travail de la terre est sacré. On ne pardonne pas. On ne permet pas d’occuper un mètre carré même pour des raisons sociales. Notre guide attira notre attention sur ce point. Le propriétaire d’un terrain a refusé qu’on dresse un poteau électrique sur sa propriété.

Les voies d’accès

Délaissée, voire oubliée depuis l’Indépendance, Ziraoua ne connaissait aucune activité durant tout l’hiver. Pendant cette période, la population “hibernait” et l’école fermait ses portes car les enseignants étaient contraints de s’absenter. Ils étaient bloqués par la crue de oued Isser : personne ne traversait ce “fleuve” en furie.

Pour se rendre en d’autres lieux, les habitants parcourent trois kilomètres à pied pour rallier la RN 5. Une piste a été ouverte pour désenclaver et désengorger le hameau. Ce chemin carrosable est impraticable en hiver, notamment quand il pleut, pour la circulation automobile et difficile aux piétons. Nous nous sommes rendu sur les lieux durant la période des premières pluies d’espoir de ce mois de décembre. Nous avons eu des difficultés pour passer. Notre guide nous dira : “Il fallait se chausser d’une paire de bottes, vous croyez que vous êtes en ballade”. En effet, nous avons eu beaucoup de difficultés pour visiter tout le village. Toutes les voies d’accès sont des pistes agricoles. Seuls les piétons circulent. Enclavée par l’autoroute, le ministère des Travaux publics a lancé des travaux de réalisation et de construction d’un pont sur oued Isser afin de désenclaver la contrée. Les travaux de cet ouvrage sont achevés mais il faut accélérer ceux de la mise à niveau de la route. Les citoyens espèrent que ce tronçon se réalisera avant l’ouverture de l’autoroute prévue pour le mois de janvier 2007. Dans le cas contraire, le village serait enclavé et les citoyens exposés aux dangers des accidents de la circulation routière parce qu’ils seraient obligés de traverser l’autoroute, et les plus exposés sont les élèves qui poursuivent leurs études à Kadiria. Les citoyens lancent un appel aux responsables à tous les niveaux afin de procéder à la réalisation de la route qui reliera le village à la RN 5. mais ce “nouvel” accès pourrait être inondé par oued Chebania. L’actuelle, et la future route qui mènera au village, longent oued Isser sur une distance d’environ 350 mètres. La route risque l’effondrement et d’ailleurs nous avons constaté des glissements causés par le ruissellement des eaux de pluie. Un mur de soutènement en béton est plus que nécessaire. Trois murs en pierres et en gabion sont dressés ; cependant, leur utilité s’avère minime et présente des anomalies. Réétudier le projet s’impose, et ce avant de lancer les travaux de béton bitumeux. Les moyens de transport sont pratiquement inexistants car l’état piteux des routes ne permet pas aux citoyens de posséder des véhicules commerciaux. En général, les habitants et, en particulier, les élèves qui fréquentent les CEM et les lycées de Kadiria parcourent deux kilomètres pour rallier la RN 5.

L’assainissement des eaux usées

La localité a bénéficié d’un projet d’assainissement des eaux usées, lequel a été lancé il y a à peine trois mois. Les travaux achevés présentent des anomalies : les bouches des regards sont construites à raz-de-chaussée. Si l’on venait à bitumer les ruelles ces regards seraient recouverts de béton bitumineux. L’entreprise chargée des travaux n’a pas pris en considération la couche de bitume. Un citoyen, D. Fatah, nous dira : “Les travaux présentent des anomalies que nous avons soulevées aux responsables. Le projet est réalisé à moitié, vingt foyers ne sont pas touchés par l’opération”.

Les eaux de pluie coulent sur la chaussée de toutes les voies d’accès au village, lesquelles sont dépourvues de fossé. Ces eaux de pluie ne sont donc pas drainées.

Le réseau AEP non-fonctionnel

Le second projet de grande envergure dont Ziraoua a bénéficié est celui de l’eau potable. Les travaux sont achevés mais le village n’est pas encore alimenté en cette denrée vitale. La station de pompage n’est pas raccordée au réseau électrique car un propriétaire de terrain refuse d’autoriser les services de Sonelgaz à procéder à l’installation des câbles électriques malgré l’intervention des élus locaux de l’APC de Kadiria.

La capacité du puits d’eau ne répond pas aux besoins de la population. Un puit d’une contenance assez importante est à “réhabiliter” et devra être raccordé au nouveau puits et le village n’aura alors plus de problème d’eau potable. Notre guide ajoutera : “Le branchement et le raccordement sont à la charge des habitants. Cette décision ne cause pas de problème, pourvu que l’eau arrive”. A propos de l’obstacle causé par le citoyen à Sonelgaz, le vice-P/APC de Kadiria s’est rendu sur place pour convaincre l’opposant mais… notre interlocuteur ajoutera : “C’est triste de voir un tel acte en 2006. Priver tout le village à cause du passage des fils électriques au-dessus d’un verger d’“arbres fruitiers, et encore à la lisière”…

Pour information, l’eau ne manque pas à Ziraoua. Presque dans toutes les localités, les habitants possèdent un puits mais certains vont chercher cette denrée loin de leurs habitations.

Le centre de santé

L’institution sanitaire a été réalisée il y a quelques mois et est fermée pour les raisons suivantes : le centre de santé n’est pas raccordé à l’énergie électrique et, là aussi, notre interlocuteur nous dira : “Le propriétaire de ce terrain n’a pas autorisé Sonelgaz à poser un poteau”. La bâtisse est construite en R+1 ; néanmoins, il faut signaler que le centre n’est pas clôturé. A présent les citoyens se rendent à Kadiria pour les différents soins. En définitive, la région étant à vocation agricole, les responsables devront penser à l’ouverture de pistes en vue de désenclaver la localité et permettre aux agriculteurs de redoubler d’efforts pour lancer d’autres travaux agricoles et faire bénéficier la localité de projets entrant dans le cadre du FNDRA ou du PNDA… La réfection et la réhabilitation sont la priorité des priorités car les citoyens rencontrent des difficultés, et de là beaucoup d’autres projets se concrétiseront sur le terrain. A Ziraoua, l’agriculture compte le passé, le présent et le futur des habitants. Un agriculteur nous dira : “Nous sommes nés fellahs et nous le resterons : le travail de la terre est notre ressource.”

Ziraoua comme toutes les localités de la daïra a connu un exode rural pour différentes raisons mais, ces derniers temps, des familles qui avaient quitté le village malgré elles retournent au bercail de bon gré en espérant des jours meilleurs. L’un deux nous dira : “D’autres familles reviendront un jour”.

A. Bouzaidi

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