Les moutons locaux ont toujours la cote

Comme chaque année, à l’approche de l’Aïd El Adha, le marché hebdomadaire de Tizi Ghennif qui se tient chaque samedi-d’où son nom « Essavth N’Tizi-Ghennif »- connaît une très grande affluence. Ainsi, les potentiels acheteurs ou les simples badauds remplissent dans un fourmillement grandiose le grand espace réservé à cet événement.

« Les gens viennent de partout, surtout d’Alger ou de Boumerdès et ils ne sont là que pour acquérir à n’importe quel prix les meilleures bêtes élevées dans la montagne et cela pour la qualité de la viande qui a un tout autre goût, lequel n’est pas le même que celui des moutons rapportés directement de M’Sila ou Sidi-Aissa », nous dira ce revendeur occasionnel dont les affaires marchent bien en ce moment.

Par ailleurs, si de nombreux villageois ont fait rentrer leurs bêtes au marché, leur nombre a beaucoup diminué par rapport à ce qu’il a été il y a une vingtaine d’années quand, faute de places à l’intérieur de l’esplanade du marché, c’est carrément sur la chaussée du CW que les beaux béliers ont étaient exposés et mis en vente. Ayant eu écho qu’un bélier a été cédé pour quarante six mille dinars ou quatre millions six cent mille centimes la semaine passée, nous nous sommes déplacés en cette matinée pluvieuse à Tizi-Ghennif pour voir de plus près ce qu’il en est.

C’est avec beaucoup de difficultés qu’il faut se frayer un chemin au milieu de cette masse compacte d’hommes, et de bêtes attachées sans pouvoir jeter un coup d’œil pour voir où l’on met les pieds, de toutes les manières il n’y a aucun choix : c’est la gadoue partout et tant pis pour les chaussures et le pantalon. Bien sûr, les prix sont acceptables, d’autant plus que chacun achète avec ce qu’il a en poche, selon ses possibilités.

Au demeurant, avec la cherté non seulement de la vie mais également du coût élevé de l’élevage, ces frais se répercutent inévitablement sur le prix de vente. Ainsi, en ce samedi, les plus beaux moutons ont été cédés à 36 000 dinars, ce qui n’est rien pour certaines bourses.

Malheureusement, pour les pauvres fonctionnaires qui n’ont que leur maigre salaire pour vivre, une bête moyenne à 22 000 dinars est un grand sacrifice pour ce sacrifice rituel.

Essaïd N’Aït Kaci