Deux téléphériques pour Gouraya, l’un prendra son ascension à partir de la mosquée d’El Khemis et l’autre depuis Sidi Abdelkader, une rocade qui reliera la RN 9 à la RN 12 et à la RN 24 pour permettre aux touristes d’aller de l’un à l’autre côté de Béjaïa sans avoir à traverser la ville, l’oued Soummam qui sera curé et débarrassé des déchets qui polluent ses eaux deviendra une curiosité touristique et les visiteurs se promèneront le long de ses rives, un tramway assurera le déplacement rapide et régulier des citoyens et des étudiants. Dans leur lancée, les concepteurs du PDAU (Plan directeur d’aménagement urbain) intercommunal horizon 2030-2035, prévoient même de creuser un tunnel à travers le mont de Gouraya qui permettra de joindre la côte Ouest qui sera devenue d’ici-là un grand centre urbain et touristique. Telles sont les grands lignes de PDAU intercommunal présenté lundi dernier par Med Larbi Boutrid lors du forum de Radio Soummam. Après avoir mis en exergue les atouts touristiques exceptionnels de Béjaïa, tels que la douceur de son climat, la mer dont elle est entourée, le mont Gouraya qui la surplombe, les monuments qui attestent de son histoire plusieurs fois millénaire ainsi que l’importance infrastructurel de transport et de communication dont elle jouit, le conférencier souligne que « Béjaïa est parmi les villes qui sont virtuellement appelées à être les portraits du pays sur l’extérieur ». Par la suite, il a mis l’accent sur le caractère intercommunal du plan en développant l’idée selon laquelle souvent les solutions aux problèmes d’une ville se trouvent dans une autre et en tant que locomotive du développement Béjaïa entraînera dans son sillage six autres villes qui lui sont limitrophes à savoir : Oued Ghir, Toudja, El Kseur, Tala Hamza, Boukhalfa et Tichy. Ces sept commune s’étalent sur 640 km2 et comptent 260 000 habitants. Citant les contraintes que ce PDAU aura à rencontrer au cours de sa réalisation, il parlera notamment de l’anarchie urbaine des zones comme Tizi Ou Ihaddadene et les constructions illicite qui ceinturent la ville, la route des Falaises, la pollution, les décharges publiques dont celle qui est implantée au cœur du Parc de Gouraya. Parmi les autres contraintes, il évoquera les lenteurs administratives et le « caractère globalement repulsif du pays » du fait du terrorisme qui éloigne les touristes. L’orateur communique par la suite les divers secteurs dont les actions permettront la réalisation des prévisions. L’hydraulique réalisera entre autres, l’aménagement de l’oued Soummam, la rénovation et le renforcement du réseau d’AEP. Les travaux publics s’attelleront à la réalisation notamment de la rocade qui reliera la RN 9 à la RN 75 et la RN 12 à la RN 24 qui passera par Sidi Bouderhem et Boukhiama, au percement d’un tunnel sous Gouraya à partir du port pétrolier jusqu’à Tazeboujt aussi que le téléphérique qui reliera Béjaïa au fort de Gouraya. En matières d’urbanisme et de foncier Sidi Bouderhem, Imayahem et Tazeboujt en allant vers Saket seront dégagés, viabilisés et urbanisés. S’agissant de la clé de voûte du PDAU, c’est-à-dire le tourisme, il est prévu, parmi des nombreux projets touristiques, la création d’une entité touristique à Saket ainsi que l’aménagement et le renforcement de toutes les infrastructures permettant la détente et les loisirs dont un port de plaisance à Tala Yilef. Le PDAU inscrit également la réalisation d’un tramway, d’une gare routière intermodale et d’une trémie à Aamriou. La zone industrielle de Béjaïa sera délocalisée au profit des zones d’activités de Toudja et d’El Kseur. En outre, il est prévu la délocation et la desaffectation des décharges sauvage par la création de centres d’enfouissements techniques. Si en matières de prévisions tous les rêves sont permis, malheureusement en ce qui concerne la wilaya de Béjaïa laquelle n’a pas fini de sommeiller, ils sont vite rattrapés par la dure réalité du terrain.
On en veut pour preuve uniquement les demandes de logement, des pères de famille, qui attendent depuis plus de 20 ans d’être satisfaites.
B. Mouhoub
