Durant la journée d’hier, El Kseur était une ville morte. Les commerçants ont baissé leurs rideaux. Les chauffeurs de taxi ont immobilisé leurs véhicules le long de l’artère principale de la ville. La grève des commerçants du 24 janvier 2007 à laquelle a appelé le bureau de la daïra d’El Kseur de l’UGCAA a été, selon le secrétaire général de ce syndicat, suivi à plus de 99%.
Sur la placette de la mairie, les grévistes qui s’étaient rassemblés discutaient et commentent le communiqué que le P/APC avait placardé dans plusieurs quartiers de la ville et qui est censé apporter satisfaction aux 8 (huit) points de la plate-forme de revendication.
Hormis le deuxième point relatif à un abattement de 50% des impôts pour l’exercice 2006 en faveur des commerçants d’El Kseur lesquels se plaignent de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles, les autres revendications qui sont du ressort pas de l’APC et qui ne peuvent donc être satisfaits au niveau local. Sept autres points de revendications figurent dans l’appel à la grève du bureau d’El Kseur de l’UGGCAA, le communiqué de l’APC rédigé en réponse à la protestation des commerçants et placardé dans les différents quartiers de la ville, indique qu’ils sont pris en charge un par un. Qu’il s’agisse de la réglementation de la quinzaine communale avec priorité aux commerçants locaux, de l’éradication des commerces illicites, de l’ouverture d’un guichet CASNOS à El Kseur, de l’aménagement de la gare routière, de l’application du plan de transport public ou même de la mise en place d’une station pour les camions de transports publics de marchandises.
S’agissant du huitième point relatif à la sécurité d’une manière générale à El Kseur, ce communiqué fait mention d’ »une nette amélioration (constatée) ces derniers temps grâce à la mobilisation des autorités locales ».
Interrogés sur leur lieu de rassemblement, les commerçants ont fait savoir que les écrits ne les intéressent pas. Ce qu’ils veulent, c’est du concret. De la réalisation dans les faits. « L’APC nous promet beaucoup de choses, mais ne réalise rien », souligne Abdelkader Hamroune, secrétaire général de l’UGCAA d’El Kseur qui ajoute que « les taxis clandestins stationnent dans la même file que les taxis qui paient leurs impôts et la licence d’exploitation et ce au vu et au su des services de sécurité sans que ces derniers ne lèvent le petit doigt ».
B. Mouhoub
