L’ancien patron du groupe Khalifa, Abdelmoumen Khalifa, en fuite depuis 2003 en Grande-Bretagne, a déclaré, lors de son passage, mercredi soir, sur la chaîne qatarie El Djazira, seconde apparition médiatique après l’interview livré la semaine dernière à l’hebdomadaire algérien El Mohaqiq, que les déboires de son groupe ont commencé après l’envoi par les services secrets français d’un rapport publié par deux journaux héxagonaux, Libération et le Canard Enchaîné, aux algériennes afin de les prévenir contre l’imminente banqueroute du groupe en question.
Il affirme que la DGSE n’avait pas l’intention de nuire à l’image du groupe. Interrogé sur les parties qui étaient à l’origine de la faillite du groupe El Khalifa, l’exilé londonien accuse nommément « Bouteflifa et son clan », sans préciser comment le président de la République et son proche entourage avaient conduit à la banqueroute du groupe.
Il est allé jusqu’à s’interroger sur les dessous de la faillite du groupe en l’espace de deux mois alors qu’il ne l’a pas été pendant les quatre ans de son essor fulgurant. Les placements des fonds d’entreprises publiques dans la banque Khalifa étaient, à en croire ses propos, un acte commercial, au moment où certains accusés, affirment le contraire.
C’est-à-dire des opération, clandestines et irrégulières. Qui dit vrai ? Ne voulant assurément pas froisser les responsables de l’Hexagone, il dit ne pas avoir de problèmes avec les services secrets français mais plutôt avec le « clan de Bouteflifa ». A la question de savoir s’il appartenait à une aile du pouvoir, Moumen Khalifa affirmera qu’il «appartient au peuple algérien et qu’il avait rendu service à l’économie algérienne».
Interrogés sur ses relations éventuelles avec des responsables de l’institution militaire, l’ex-PDG de Khalifa élude la question en estimant qu’il connaît le Président, les ministres, des gens de l’armée et ceux du monde artistique et sportif. Selon lui, le groupe Khalifa n’était pas en faillite. Il en veut pour preuve le montant de 3 milliards de dollars qu’il dit avoir laissés dans les caisses de sa banque. Il qualifie de «drôle» le procès se tenant actuellement au tribunal criminel près la cour de Blida, en soulignant qu’il n’est pas prêt à se présenter devant le tribunal de Blida puisque, dit-il, il n’y a pas de justice en Algérie. Il est loisible de constater que la seconde apparition médiatique de Moumen Khalifa n’a pas apporté grand-chose dans l’éclatement de la vérité.
Lui, qui nous a promis pourtant de faire des révélations croustillantes. Allons-nous assister au grand déballage par fragments ? Pour l’heure, Moumen Khalifa parait trop évasif et trop peu consistant pour défendre efficacement sa cause.
Hocine Lamriben
