Dégradation avancée du cimetière chrétien

l Les deux endroits qui sont classés et considérés comme sacrés par les Musulmans sont sans conteste la mosquée et le cimetière, cela semble loin d’être le cas, ce qui a fait dire à notre prophète : « Je préfère poser le pied sur une braise que sur une tombe », pour le cimetière chrétien de M’chedallah, duquel il ne reste que le mur d’enceinte. Aucune tombe n’est épargnée, sans aller jusqu’à déterrer les squelettes (qui y sont toujours), toutes les sculptures et les ornements sont complètement détruits : ne subsistent encore que quelques pierres tombales portant des inscriptions gravée au burin, éparpillées à travers ce lieu de repos éternel ainsi que la petite chapelle aménagée au centre du cimetière qui a miraculeusement échappé à l’œuvre destructrice de l’homme, jusqu’aux sapins plantés en guise de clôture ornementale autour de ce lieux sacré qui ont eu leur part d’agression et commencent à mourir l’un après l’autre. Fort heureusement, le mur de protection construit en dur à l’aide de pierre bleue et de ciment a résisté et continue à démarquer l’emplacement du cimetière où repose le « docteur Maillot », dont a été baptisé en période coloniale l’actuelle ville de M’chedallah. Ce cimetière peut facilement être restauré et reprendre son aspect primitif. L’actuel état du cimetière chrétien de l’ex-Maillot va à l’encontre de la politique du respect mutuel et rapprochement des peuples. Quelle serait l’attitude des autorités locales dans le cas où les parents des personnes enterrées en ce lieu décidaient de venir se recueillir sur leurs tombes, comme cela se fait depuis quelques années à travers le territoire national ? A travers l’abandon et l’état lamentable de ce cimetière, c’est le volet « humain et civilisé » de la région qui en prend un… sale coup. Les sages du ârch, les autorités locales, les mosquées et enfin les associations religieuses sont vivement interpellées pour intervenir et freiner la dégradation du cimetière chrétien situé au lieudit « Zouzamen », dans la commune de l’ex-Maillot et, pourquoi pas ? — lui redonner un visage plus présentable, plus humain surtout ? Nous, qui sommes prompts à appliquer la « réciprocité », appliquons-là sur ce volet et traitons ces cimetières chrétiens en terres musulmanes comme sont traités les cimetières musulmans en terres chrétiennes.

Omar Soualah