Catherine Rossi qui vient d’éditer à Alger, aux éditions Dalimen, «Les Carnets d’Alger» a dès son adolescence manifesté un intérêt certain pour l’arabe, la langue et le peuple. Dès 1981, à 24 ans, elle part s’installer un an au Caire. Un peu plus tard, c’est la découverte du Maghreb, le Maroc, pour celle qui est devenue une habituée des expos parisiennes. Et puis, ce fut la grande découverte de l’Algérie, de ses racines. La terre bleue du Hoggar fut son premier point de chute en 2003. De cette fusion, entre une artiste et une terre mythique, naquit une œuvre épistolaire «Lettres de Tamanrasset». Puis ce fut Alger, Bgayet… Catherine Rossi, née en France à Troyes, et c’est un truisme de le dire, n’est pas «pied-noir», a ressenti très tôt le besoin quasi-viscéral d’aller à la rencontre du pays qui a accueilli d’abord son grand-père, démobilisé de la drôle de la guerre (1914 – 1918) dans ce pays où il connut une fin tragique, et ensuite son père qui, lui, est né sur cette terre généreuse. Enfant, son univers a longtemps été bercé par les histoires et les images qu’elle a reçues en héritage de ses parents. Quel plus beau legs, quel meilleur viatique que celui-là, reproduit et sans cesse réinventé par un imaginaire enfantin pour appréhender, saisir et comprendre un pays, un peuple ?
M. R.
