Inaugurée à la fin des années soixante, cette unité de soins a rendu d’innombrables services aux villageois, qui durant ces premières années de l’Indépendance, trouvaient tant de difficultés afin de se rendre jusqu’à Draâ El Mizan. Qui ne se souvient pas de cette époque quand les médecins généralement des Egyptiens y passaient trois fois par semaine ou qui ne se souvient pas de cette petite pharmacie qui distribuait gratuitement les médicaments aux personnes consultées par le médecin ? Effectivement, c’était l’ère de la médecine gratuite. Aujourd’hui, même si cette structure de base continue à fonctionner, le nombre de prestations a diminué en dépit de tous les efforts que déploie l’infirmier qui y travaille et qui est au service de la population, même la nuit en cas d’urgence. Si nous avons évoqué ce volet concernant son fonctionnement, c’est pour aussi attirer l’attention sur l’unité « Mamache Ahmed » qui est en dégradation avancée, notamment sa façade qui donne sur la place du village dite pour certains « Place d’Italie » et pour d’autres « Tasâtach n’zaouia ». Au fil des ans, puisqu’elle n’a jamais été réfectionnée depuis son inauguration, ses murs ont perdu leur éclat. Ils sont gagnés par la moisissure. Ce qui dérange encore plus est aussi l’absence de clôture. Le grillage qui lui sert de haie, pour ne pas dire de clôture, est défoncé par des jeunes qui s’y adossent. Nous avons évoqué ce problème à un membre du comité de village, celui-ci nous a répondu que sa réhabilitation a été demandée aux autorités locales. Sera-t-elle restaurée ? C’est une réponse que nous aurons une fois que la commission d’arbitrage aura attribué la cagnotte à l’APC dans le cadre des PCD car dans d’autres communes déjà, nous avons appris que les unités de soins avaient été proposées puis retenues. En tout cas, une opération de ce genre pour cette unité est plus qu’une urgence quand on sait que ce village de cinq mille habitants a tant donné durant la guerre de Libération nationale et où l’on compte cent soixante chahids, sans compter les moudjahidine.
Amar Ouramdane
