DDK : Les assises nationales de l’industrie se sont tenues durant trois jours au Palais des Nations. Vous y avez participé en votre qualité d’opérateur. Qu’en avez-vous retenu ?
l Aberkane : Je dois reconnaître que c’est là une initiative à saluer car elle a permis de réunir les principaux acteurs de l’économie nationale : des chercheurs, des experts, les walis, et notamment ceux qui en sont le poumon à savoir, les opérateurs. J’en ai retenu une volonté ferme et déterminée du Gouvernement de doter notre dispositif et notre pensée économique d’une stratégie industrielle fiable. Des commissions et des ateliers ont travaillé et traité divers sujets problématiques pour une bonne mise en œuvre des recommandations. A cette question cardinale, des propositions sérieuses et empiriques ont été exposées au gouvernement, lequel doit maintenant les discuter et veiller à leur bonne exécution sur le terrain. Si cette démarche est convenablement adoptée, il y a de grandes chances d’enregistrer une évolution appréciable de notre économie à moyen terme et pas avant.
Revenons à l’affaire Alexo- P/APC : on attend depuis quelques jours le verdict définitif que doit rendre le Conseil d’Etat. Que savez-vous à ce sujet ?
l Le Conseil d’Etat a confirmé la décision rendue par la cour de Béjaïa le 12 août 2006. Je considère désormais que le jeu est fermé.
Quel sera l’impact concret de cette décision sur l’environnement direct de l’entreprise et des institutions locales ?
l Délicate question. En premier lieu, cette décision scelle fermement l’autorité de l’Etat sur des territoires dits de « non droit ». Elle confirme la résolution 05/37 portant sur la mise en œuvre du partenariat public/privé décidé par le gouvernement. Elle consacre toute la dimension aux délits par voie de fait et autre commis par le P/APC qui a focalisé tout son mandat à lutter contre Alexo, donc contre une politique gouvernementale malgré les assurances qu’il a reçues. Cette décision de justice va également entrer dans le dossier du wali de Béjaïa qui n’a manifesté aucun soutien au projet malgré tous les écrits qu’il a reçus des membres du gouvernement. La plainte à son encontre, décidée par le Conseil d’administration d’Alexo est conforté. Cette décision démontre à tous ceux qui étaient divisés ou partagés que le projet Alexo n’a aucun lien avec l’APC d’Amizour mais avec la wilaya dès lors qu’il s’agit d’une activité classée par le décret 338/98. L’autorité de wilaya a fait preuve d’une extrême faiblesse cachée derrière un fallacieux prétexte de prudence au mépris de tout. Je demande que tous les responsables payent leur obstruction car, et croyez-moi, Alexo ne les lâchera jamais. Comme je l’ai souligné plus haut, le jeu est fermé.
Le démarrage est pour quand ?
l Incessamment, sous peu.
Quel est la nature de vos problèmes avec Sonelgaz ?
l Alexo n’a aucun problème avec Sonelgaz. Nous avons une relation de fournisseur d’énergie à utilisateur. Toute spéculation à ce sujet serait fantaisiste.
Alexo reste tout de même une construction illicite au sens du POS…
l Je crois avoir tout dit lors de mes différentes interventions médiatiques, mais puisque vous m’en donnez l’occasion, je propose à tous ceux qui sont manipulés l’option suivante : dès lors qu’ils se soucient du droit portant sur une pseudo « construction illicite » alors la réciprocité doit également s’appliquer à tout. L’option que je propose est d’engager la destruction des aménagements apportés par Alexo à l’ancienne usine Somacob, si et seulement si toutes les constructions illicites existantes sur le territoire de la commune d’Amizour sont détruites (construction effectuée par un élu de l’APC, immeubles EPLF, OPGI, baraquement, etc…), y compris le siège de l’APC qui ne dispose pas de permis de construire. J’en prends l’engagement devant Dieu et les hommes. Voilà qui permettra de rétablir le droit aux yeux de tous.
Entretien réalisé par Nadir Touati
