Bien que la campagne pour les législatives du 17 mai prochain soit, pour le moment, réduite aux tractations de coulisses et au casting des futurs candidats, ces derniers sont attendus sur un terrain moins complaisant, en ce sens que la précarité de la vie socio-économique en Kabylie est loin d’être résorbée.
Les électeurs, dont le taux de participation le jour du vote, reste tributaire de la qualité des discours des candidats lesquels, faut-il le dire, doivent se passer du populisme, demeurent avides du concret et du réalisable.
Le va-t-en campagne pour la députation ne se fera certainement pas autour des projets de société qui relèvent de l’apanage des partis politiques, auxquels appartiennent les candidats, mais il sera question de qui sera le mieux à même d’étaler une feuille de route dont les grandes lignes seront en parfaite symbiose avec les attentes sociales.
Les réalités actuelles veulent qu’à l’échelon local, les sensibilités individuelles sont fort déterminantes dans le processus de développement intégré.
Ces approches qui s’entremêlent seront-elles prises en compte par les candidats aux élections législatives, bien que les anciennes mandatures aient démontré à quel point les députés se confinent dans les halls du cancan ou bien, comme pour les sociétés fiduciaires, le député exécutera sa mandature au profit de ses électeurs, au bénéfice de sa région ?
Les discours populistes ne paient plus. Loin de lui attribuer une exception, la Kabylie est singulière par la maturité politique de sa population. Elle n’arrête pas de le prouver durant les échéances électorales où les taux de participation ne décollent jamais ! Elle sait que pour sortir de la précarité, rien n’est plus rassurant que la présence sur le terrain au-delà du jour de l’investiture.
Bien que le climat social soit relativement stable en Kabylie, sa fragilité reste vive par manque de visibilité au sujet du développement économique et de la politique de résorption du chômage.
En plus des projets d’infrastructures structurants, l’investissement de production et de services peine à trouver des assises solides à même d’aborder sérieusement les projections restées, à ce jour, au stade de maquettes et papiers à discourir. Pire, alors que d’aucuns croyaient que la période des délocalisations était révolue, suite au retour de l’accalmie après trois ans d’instabilité sociale ayant, suivi les évènements du Printemps noir en 2001, des unités de production menacent fermetures, pour venir grossir les rangs des chômeurs. C’est le cas de l’unité des produits électroménagers Frigor, installée dans la zone industrielle de Oued-Aissi (Tizi-ouzou) qui risque de délocaliser vers la zone-mère de production dans l’algérois, faute d’un marché local dynamique.
Les indices à la consommation sont excessivement bas en Kabylie au moment où, comble du paradoxe, les magasins et espaces commerçants foisonnent à une vitesse soutenue, des milliers de personnes arrivent sur le marché de l’emploi sans que celui-ci ne soit garanti.
Une garantie que seuls l’encouragement et le soutien à l’investissement sont en mesure d’assurer. Chose qui reste, malheureusement, loin d’être prise à bras-le-corps par les représentants du peuple. L’exemple du grand projet du complexe de pêche intégré de la société algéro-canadienne (Sacib) est édifiant. Un projet qui traîne sur la maquette depuis plus d’un an faute d’appuis politique en haut lieu. Certes le projet a très bien mûri, puisqu’il n’est, désormais, tributaire que du visa du Calpi qui a son tour attend les textes d’application de l’ordonnance 06/11 portant sur la gestion du foncier industriel situé sur les côtes marines, à en croire le P-DG de cette entreprise, contacté hier au téléphone, force est de révéler que les potentiels investisseurs ne trouvent aucun ou peu d’appuie dans les cercles des immunisés parlementaires.
M. A. T.
