« Il y a effectivement absence caractérisée d’autorité et de gestion dans le secteur de la santé ». Le wali donne acte aux récriminations des élus APW tout au long d’une houleuse journée de débats sur le secteur de la santé. « Je prendrais mes responsabilités ! », tonne encore Ali Bedrici dans une tirade comminatoire qui, peut-être, sonne la fin de mission du directeur de la santé (DSPRH), dont l’APW demande la tête depuis belle lurette. Les mauvaises conditions de prise en charge des citoyens au niveau des structures sanitaires, les retards constatés dans la réhabilitation de ces dernières, le taux de consommation des crédits annuels qui est toujours en deçà de la moitié du budget alloué, les services des urgences des différents hôpitaux toujours dépassés et beaucoup d’autres contacts négatifs ont été les reproches faits au directeur de la santé et de la population par les membres de l’APW lors du débat organisé le deuxième jour de la session extraordinaire de l’Assemblée populaire de la wilaya tenue les lundi et mardi. Ces interventions musclées ont été qualifiées de « salves » par le wali qui concédera, à la fin de la session, qu’il y a une absence caractérisée d’autorité et de gestion dans ce secteur et qu’il prendra ses responsabilité en ce sens. L’ancien ministre Amar Tou avait déjà qualifié le secteur sanitaire de Béjaïa de « plus mauvais du pays », sans que cela induise de conséquences notables. Dans la résolution prise par l’assemblée de wilaya, il est rappelé que celle-ci prend acte des insuffisances graves constatées dans la gestion de ce secteur névralgique et vital et juge nécessaire et urgent de prendre des mesures énergiques, organiques et responsables à la hauteur des aspirations de la population. Outre ce point inscrit à l’ordre du jour lequel avait pris toute la journée du mardi, l’assemblée avait adopté, la veille, comme une lettre à la poste, le budget primitif de la wilaya de Béjaïa avant d’examiner et d’analyser le secteur du commerce. Concernant le budget annuel, trois cents trente-huit milliards de centimes ont été votés dont plus d’un dixième réservé à l’aide au développement des communes et à l’inscription de projets importants pour le développement de la région en général. Ce qu’il faut retenir aussi dans cette répartition, c’est le dégagement d’une somme de treize milliards de centimes pour l’acquisition d’une IRM (Imagerie à résonance magnétique) pour l’hôpital Khellil-Amrane et d’incinérateurs pour les établissements hospitaliers de la wilaya afin d’éradiquer les déchets médicaux des décharges publiques. La réhabilitation des chemins de wilaya a été aussi prise en considération par les élus qui ont réservé à ce chapitre une dizaine de milliards de centimes. Pour ce qui est du secteur du commerce, plusieurs lacunes ont été relevées par les élus qui ont attiré l’attention du premier responsable de la direction du commerce sur le marché informel qui fait une concurrence déloyale au marché informel ainsi que sur la cherté des produits au niveau de la wilaya de Béjaïa par rapport aux autres régions du pays. De son côté, le directeur du commerce a parlé d’une wilaya dynamique sur le plan économique en avançant le chiffre de 19 unités de production de semoule et de farine et de cinq unités de production de produits laitiers tout en justifiant la cherté des prix par la longueur et la multiplicité des intervenants dans la chaîne de distribution.
A. Gana
