Hattab et Belmokhtar condamnés à mort

Hassan Hattab, fondateur du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), après sa séparation des sanguinaires du GIA, a été condamné par contumace. Celui qui fut responsable de centaines de crimes perpétrés contre les militaires dans des embuscades, rackets et enlèvements contre des civils, survenus dans des faux barrages, n’aura, dorénavant, plus de chances de bénéficier des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Pour rappel, Hassan Hattab a été exclu du GSPC, après que cette organisation eut fait allégeance à la nébuleuse Al Qaida, devenant ainsi sa branche armée au Maghreb. Hassan Hattab, qui se serait opposé à ce ralliement, étudierait la possibilité de se rendre aux services de sécurité, afin de bénéficier des dispositions de la Charte, prévoyant le pardon aux islamistes armés qui déposeraient leurs armes.

Quant à Mokhtar Belmokhtar, dit Laouar, qui s’est proclamé émir de la zone Sud-Sahara aux frontières maliennes après avoir succédé à Abderrezak El Para a été, lui aussi, condamné à mort. Responsable de plusieurs crimes et de trafic d’armes, il se serait allié aux contrebandiers, dans la région sud-saharienne, en s’attaquant notamment aux pétroliers et aux routiers traversant le désert vers le Mali et l’Afrique sub-saharienne.

Ils ont été condamnés pour « constitution de groupes terroristes armés, atteinte à l’intégrité de l’Etat, assassinat avec préméditation, incendie volontaire, vol et port d’armes prohibé ».

Cette condamnation des émirs du GIA est un avant-goût de ce qui attend les autres sanguinaires. En effet, à travers cette sentence, les juges, plus globalement les autorités, ont mis en pratique (c’est ce qui se dégage du moins) la fin des délais d’application des dispositions de la charte que les terroristes croyaient éternelle. Fait apparent aussi, la lutte antiterroriste constitue vraisemblablement une priorité pour l’Etat algérien, contredisant ainsi ceux qui propagent le discours selon lequel l’Etat algérien serait de plus en plus disposé, voire obligé, de faire des concessions à chaque fois que les groupuscules de terroristes perpètrent leurs forfaits. Cette lutte est peut-être accentuée avec l’internationalisation du GSPC qui perd de facto son caractère national.

Yassine Mohellebi