L’eau potable de plus en plus rare

l Sur les 67 communes de la wilaya de Tizi-Ouzou, seulement 59 sont alimentées et gérées régulièrement en eau potable par l’Algérienne des eaux. Soit une population de près de 1,2 million d’habitants sur une démographie totale de près de 1,5 million. La production annuelle en eau a atteint seulement 63 millions de m3, puisée essentiellement des sources souterraines. Celles-ci représentent, en effet, 72% des eaux produites et consommées contre 19% des eaux superficielles, 8% des eaux de sources et uniquement 1% de dessalées. Il est vrai que la configuration géographique de la wilaya de Tizi-Ouzou, avec ses reliefs accidentés, rend la gestion et la distribution de l’eau trés difficile. Le retard considérable accusé dans la réalisation des infrastructures de retenue et de rationnement de ce produit, ont fait que le rattrapage n’est aucunement une mission aisée.  » Une nouvelle approche reposant sur la nécessité d’optimiser le rendement de l’ensemble des infrastructures de production et de distribution d’eau a été adoptée récemment par l’ADE de Tizi-Ouzou « , souligne le directeur de zone, M. Hattoum dans le dernier fascicule de l’entreprise daté de décembre dernier.

Cette approche qui s’appuie sur  » le management des processus avec optimisation des moyens humains et matériels « , vise à mieux valoriser l’ensemble des infrastructures, qui représentent 12% du parc national, mis en exploitation par l’entreprise, à en croire M. Hattoum.

Néanmoins, au-delà de la politique schématique sur laquelle s’appuient les entreprises de gestion et de distribution de l’eau potable, l’insuffisance de mobilisation d’infrastructures d’une façon rationnelle fait que des zones habitables demeurent privées de cette denrée, à l’image des régions littorales de la wilaya.

Encore faut-il patienter, après des années de disette, pour pouvoir profiter des eaux du barrage de Taksebt, qui a enregistré le 13 mars dernier, un trop plein amenant les eaux pluviales à déborder au-dessus de la digue haute de 76 mètres. Cette infrastructure d’une capacité de 175 millions de m3, dont la capacité de traitement est estimée à 650. 000m3/jour, est médiocrement exploitée. Les premières localités devant profiter de sa manne, devront patienter jusqu’en juin ou juillet pour voir ses eaux couler dans les robinets. Certes, les travaux de transfert sur le couloir Taksebt-Azazga, sont en avancement notable, c’est sa gestion, sa distribution et le rationnement qui en pâtiront en raison de deux paramètres non négligeables. Il s’agit de la vétusté des canalisations desservant les villages et les foyers pour l’eau potable et de l’importance des surfaces irrigables que comportent les zones à desservir, conjugué au manque du civisme qui impose l’utilisation du produit d’une façon rationnelle.

Déjà que les taux pluviométriques sont en nettes régressions d’année en année. La raréfaction de l’eau douce est on ne peut plus sérieuse. Selon le dernier rapport établi lors de la conférence mondiale sur l’eau, tenue le mois dernier à Paris, la raréfaction de l’eau douce se répercute dangereusement sur les pays de l’hémisphère sud de la planète qui endure déjà le manque de ressources hydriques et d’infrastructures de mobilisation, dont l’Algérie n’est aucunement à l’abri. A l’horizon 2050, 2/3 habitants des pays en voie de développement seront privés de l’eau douce, avertissent les spécialistes ayant pris part à cette conférence mondiale.

M. A. T