Chaque année, à la même période, la ville de Draâ Ben Khedda renoue avec appréhension et la peur au ventre, avec les inondations, notamment pour les côtés Sud et Sud-Est.
Les précipitations ont causé d’énormes dégâts, lesquels sont aggravés par le manque de civisme des citoyens, des commerçants et autres marchands car le canal servant de conduite appropriée aux eaux de pluie à partir de la retenue collinaire, située à Touares, est obstrué en de nombreux endroits par divers objets et détritus jetés volontairement ou involontairement.
La Cité des 400 Logements (ERCA) est complètement inondée. Le quartier tout entier n’a pas été épargné. Les eaux ne trouvant plus leurs passages habituels, inondent les boulevards, les espaces verts et les cages d’escaliers de plusieurs bâtiments, obligeant les occupants des rez-de-chaussée à fuir leurs domiciles. La hauteur des eaux avait, à certains endroits atteint plus de 40 cm, immobilisant sur place les véhicules garés dans les parkings, face à ces bâtiments.
Les travaux entrepris pendant et après les inondations de 2006, près de l’hôtel Les deux Palmiers, travaux suivis d’ailleurs avec beaucoup d’intérêt par les autorités locales, n’ont tout de même pas réglé le problème définitivement. Cette année encore, les élus locaux et le chef de daira ont conjugué leurs efforts afin de minimiser les dégâts. Les engins étaient en activité sur les lieux pour curer les fossés, tracer d’autres ouvertures pour l’évacuation des eaux. La cité est restée coupée du reste de la ville durant une bonne partie de la journée du dimanche 11 mars.
Cette situation a contraint les élèves, notamment ceux du primaire, à rester chez eux. Le CEM Raïh n’a pas été épargné, mais sans gravité. L’établissement scolaire le plus touché est le lycée Krim-Belkacem. Les eaux pluviales ont gagné tous les espaces : cour, aire de jeux, accès vers les logements de fonction, et vers les classes du bloc annexe. Cela occasionne un problème aussi sérieux que grave car il y a un grand risque : ce sont l’étanchéité et les eaux usées qui remontent pour se mélanger aux eaux de pluie. « Les lycéens sont renvoyés chez eux. Il nous est impossible de travailler dans ces conditions. Le problème persiste depuis de longues années. En ce moment même, le personnel se réunit pour informer la tutelle par écrit », nous confie un responsable lors de notre visite au cours de laquelle, nous avons été étonnés par le volume d’eau isolant tout ce quartier.
On ne déplore heureusement aucune victime. Le deux oueds : Oued Boughedoura et Oued Sébaou sont redevenus les véritables rivières d’antan, en pleine crue. Occupant toute la largeur, l’eau continue à grignoter des espaces sur les deux berges, non encore protégées. De jeunes extracteurs de sable s’aventurent dans les eaux pour y délimiter leurs territoires en y plantant des roseaux.
Mohamed N’Tighilt
