Tanekra rend hommage à son fondateur

Il a mis fin à ses jours, tragiquement en se jetant au devant d’un train de marchandises, un certain 23 mars de l’année 1992. Le fondateur de l’association Tanekra du village M’liha (sur les hauteurs du mont Chellata) n’a jamais été oublié par ses amis et les jeunes membres de l’association Tanekra qu’il a fondée deux années à peine avant sa mort. Ses ex-élèves, pour la majorité, saluent en ce jour froid du mois de mars, l’homme de lutte courageux, l’enseignant de tamazight qui leur a beaucoup donné, beaucoup appris. La reconnaissance se lit dans leur regard, dans leurs gestes quand ils pointent le doigt avec fierté sur des tas de photos affichées où ils sont immortalisés avec l’ex-enseignant en tel ou tel endroit. « Tanekra signifie révolte », nous explique Hamid Boulahrik, journaliste et ami intime du défunt. L’initiateur aussi de la dénomination « Tanekra ». Pour rien au monde, il n’aurait raté cette occasion de saluer la mémoire de son ami défunt. « Larbi était toujours présent dans tout travail allant dans le sens de l’épanouissement, de l’université et de la modernité », écrivait son autre ami, Mouloud Sellam, dans un long article placardé par Tanekra dans la salle d’expo. Toute saupoudrée de blanc (il a neigé à M’liha), la petite école du village est sortie de sa torpeur de vacances pour accueillir une grande foule de visiteurs ce vendredi, anniversaire du décès de Larbi Tighilt, figure emblématique du hameau et de la région. Des écrits, des articles de presse, des photos, des souvenirs du défunt, des photos de plantes (activité prisée de Tanekra), étaient au menu de l’exposition. Des documents attiraient l’attention : un cahier souvent tenu en commun avec son ami Mouloud, cahiers d’élèves, sa nouvelle Ma Maladie et un travail (d’ex-élèves) de recherche sur des proverbes kabyles.

T. Y.