Un cerisier en fleurs est toujours un spectacle sublime de beauté et de fraîcheur agrémenté de la promesse d’un fruit exquis. En parcourant les versants de nos collines, on peut encore admirer sa majestueuse inflorescence blanche et s’enivrer de son parfum, mais jusqu’à quand ? Cet arbre délicat cache en effet dans les profondeurs de ses organes souterrains son ennemi mortel : la larve du capnode ou bupreste noir, un coléoptère de grande taille de 18 à 28 mm, dont les élytres sont d’un noir mat et au thorax cendré. L’adulte, ou imago, s’attaque aux feuilles, jeunes pousses et même à l’écorce des jeunes rameaux.
Capable de voler, son aire d’activité peut donc s’étendre rapidement à toute une zone géographique. Mais ce sont les larves de ce ravageur qui commettent les plus gros dégâts. Allongées et aplaties, elles ont 50 à 70 mm de longueur. Leur grosse tête est adaptée au creusement de galeries sinueuses et larges au niveau des grosses racines et du collet. Ces galeries s’emplissent de vermoulure, cause du pourrissement progressif. Un cerisier peut héberger jusqu’à une trentaine de ces parasites destructeurs. Un arbre attaqué meurt au bout de trois à cinq ans. Des observations rapportées par des techniciens et des agriculteurs font ressortir un constat alarmant. La majorité des zones à cerisier sont attaquées mais également les autres espèces à noyaux, tel l’abricotier, le prunier et le pêcher. On a même vu des adultes de ce parasite sur des poiriers.
L’urgence d’un traitement est évidente, mais il devra être au moins régional et durer plusieurs années.
Le traitement en soi est simple : on répand 100 g d’insecticide autour d’une cuvette d’un mètre de rayon que l’on aura au préalable creusé autour de chaque tronc : on mélange le produit à la terre et on verse 10 litres d’eau pour faire descendre le produit jusqu’aux racines proches du collet. La période de traitement est cruciale. La femelle, très prolifique peut pondre jusqu’à 1 000 œufs. On doit frapper pour casser la chaîne de reproduction du parasite. Et c’est à la fin du mois d’avril que les femelles se rapprochent du tronc pour pondre leurs œufs, dont les larves une fois écloses, rejoindront très vite la profondeur du sol. En imbibant cette zone d’insecticide avant la ponte, on tue les femelles cette opération devra être reconduite un mois après, correspondant à l’éclosion des œufs. Les larves trouveront le produit présent dans le sol et mourront sans avoir pu continuer leur développement porteur de nuisance. Deux traitements annuels donc seront nécessaires. On peut utiliser plusieurs produits à la dose de 100 g par arbre, comme le volathan, l’asmidion 3%, le sumithion 3% ou bien le méthyl parathion 1,25%.
Ces produits sont disponibles chez les revendeurs d’intrants agricoles. Et nos agriculteurs doivent se rendre compte que le prix du traitement est somme toute dérisoire comparativement au manque à gagner résultant des dégâts souvent irréversibles. Il faut ajouter qu’un traitement zonal est souhaitable. Mais le traitement individuel débarrasse, pour un temps, le verger de ce terrible ravageur.
Amarouche
