La population se souvient

l Vingt-huit (28) avril 2001.

Il était 10 heures du matin, les jeunes descendaient dans la rue pour protester contre le devi d’identité contre le deni d’identité tout comme leurs camarades de la Kabylie. Les émeutes éclatèrent. Les jeunes scandaient des slogans hostiles au pouvoir. Plus loin, des jeunes tombèrent.

Le collégien Hocine Chaibet, âgé au moment des faits de 15 ans, tomba sous des balles tirées à partir du siège de la police communale. Evacué en urgence, il était déjà mort.

Le mur d’enceinte de l’actuel cantonnement de l’ANP garde les stigmates de ce samedi noir. Six ans après, les martyrs sont oubliés. A Aït Yahia Moussa, l’Association Tarwa N’Krim Belkacem, en collaboration avec l’APC et la famille de Chaibet, commémore cette date dans la douleur. Car, il y a lieu de rappeler que l’espoir qu’avait la famille pour voir les auteurs du crime condamnés de manière exemplaire n’eut pas lieu. Son procès a été bâclé. « Nous avions demandé la recontitution des faits et le jugement des assassins devant la cour criminelle, mais l’affaire a été jugée en correctionnelle. Nous refusons cela ! », nous avait déclaré en décembre dernier son frère Amar.

Pour le programme de commémoration, les organisateurs et la population déposeront aujourd’hui une gerbe de fleurs sur sa tombe, à Iaâllalen, puis une deuxième devant la stèle érigée en sa mémoire au chef-lieu d’Aït Yahia Moussa, où il y aura une prise de paroles.

A Tizi Ouzou, et plus précisément à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri, se tiendra une exposition-photos sur le combat des martyrs ainsi que Hocine Chaibet.

En tout cas, en dépit de ses petits, les martyrs sombrent dans l’oubli.

Amar Ouramdane