Une délégation d’investisseurs italiens a effectué, mercredi dernier, une visite de prospection dans la localité de Ouaguenoun, située à une vingtaine de km au nord du chef-lieu de Tizi Ouzou. Les investisseurs ont été accueillis par Ali Belkhir, maire de Ouaguenoun. Ils ont été accompagnés par M. Djabal, membre du conseil consultatif de Ouaguenoun. Ce dernier est également un ancien cadre et un expert dans le cadre du programme de relation euro-méditerranéen. La délégation, en compagnie du maire et des vices-présidents de l’APC, ont sillonné les différentes localités de la commune.
Ils ont visité, entre autres, le barrage d’irrigation de Djebla, le centre urbain de Tamda et l’institut spécialisé de la formation professionnelle sis à Djebla.
Dans ce dernier point, les investisseurs ont été accueillis par le directeur de l’INSFP. Dans les discussions, ils ont longtemps évoqué le jumelage de cet établissement avec d’autres instituts et universités italiens. Les Italiens séduits par la beauté et la richesse de la région se sont même permis des pauses, en s’attablant dans plusieurs cafés de la localité. La tournée s’est achevée par une mise au point sous forme d’une table ronde organisée à la mairie. Lors de ce point, les investisseurs n’ont cessé d’admirer les richesses de la région, notamment sur le plan de la jeunesse, de main-d’œuvre, l’agriculture, etc. Après le souhait de bienvenue, le maire de Ouaguenoun a parlé des efforts fournis par les autorités locales, particulièrement l’APC, allant dans le sens du développement de la région. Il cite la création du Conseil consultatif. Ce dernier, qui s’est scindé en plusieurs ateliers, entre autres celui chargé de la protection de l’environnement et du développement. A cet effet, en plus de la révision du Plan directeur de l’urbanisme (PDAU), a mis sur pied une cartographie qui illustre toutes les richesses et toutes les potentialités de la municipalité. « Il y’a quelques années, nous étions confrontés à un problème. C’est que le pouvoir politique ne suivait pas les initiatives d’investissement. A présent, il y a plein de bons signes. Il y a eu des contacts très positifs entre le chef de daïra, le wali… Il faut apprendre à regarder dans la même direction dans le cadre d’investissement et d’intérêt général », a déclaré Ali Belkhir. Et d’ajouter : « Nous avons toutes les potentialités. Nous vous accueillons à bras ouvert ». A Dalle Nogari Jony, l’un des investisseurs italiens, de répondre : « Votre région est splendide. Elle recèle beaucoup de ressources. Nous croyons bien à notre action et nous allons nous engager dans des investissements d’une façon graduelle et selon les priorités ». Et à Marco Cresci, un autre investisseur, d’expliquer la nature du projet d’investissement qu’il compte implanter très probablement à Ouaguenoun : « Il s’agit d’une unité industrielle de récupération et de transformation de déchets pneumatiques ».
Selon ces opérateurs, le projet est extensible. Après la récupération des déchets pneumatiques, il y aura la transformation de la gomme. La récupération des déchets plastiques et les transformer en produit utile et ce dans un cadre qu’ils appellent « le système tout valorisant » et consistant en la récupération et la réintégration des produits. Le coût global de l’investissement est d’environ 5 millions de dollars et sera lancé sur trois phases. Ces investisseurs sont délégués par trois importants groupes économiques italiens, spécialisés dans l’énergie renouvelable et la construction. Dans leur programme qui s’inscrit dans la logique de délocalisation, ils comptent investir en Algérie pour un montant global pouvant aller jusqu’à 100 millions de dollars.
Selon Marco Cresci, pas moins d’une quinzaine d’entreprises italiennes cherchent à se délocaliser en Algérie et investir dans différents créneaux, à l’exemple de réalisation de route, de transformation du lait liquide en poudre, etc.
A signaler que la même délégation a été reçue durant la matinée par El Hocine Mazouz, le wali de Tizi Ouzou. Ce dernier les a rassurés que toutes les conditions et facilités sont réunies pour l’implantation de leur investissement dans n’importe quel endroit qu’ils choisiront. Les investisseurs souhaitent que les procédures soient finalisées avant la fin de l’année : « Vous aurez tout avant la fin juin », leur a répondu le wali.
En plus de nombreux emplois qu’elle créera, l’unité en question contribuera à coup sûr à la préservation de l’environnement. Elle est d’une capacité de traitement de 20 tonnes par an. Et le besoin du traitement dans tout le pays est estimé à 60 tonnes/an. En plus des conditions politiques et administratives qu’ils ont trouvé très favorables, les investisseurs ont été séduits et surpris par le contact chaleureux senti lors de leurs différentes rencontres avec les responsables et les citoyens du pays.
« Piano, piano, nous seront présents en force en Algérie », a conclu Marco Cresci, l’un des investisseurs italiens en prospection à Ouaguenoun.
Mourad Hammami
