Chaque année, à cette période, on célèbre le mois du Patrimoine : qu’il s’agisse du patrimoine matériel, comme les monuments et les autres vestiges du passé, si riche de l’Algérie, ou du patrimoine immatériel –musique, contes et autres œuvres littéraires ou artistiques- on s’évertue de rappeler, côté officiel, que notre pays est un pays d’histoire et d’art et qu’il possède un héritage qu’il s’agit de protéger.
On multiplie les expositions et les conférences, on colle des affiches pour rappeler l’événement et, comme chaque année, ‘’le mois du patrimoine » est clôturé dans la liesse, sinon l’autosatisfaction.
On a fait ce qu’il fallait faire, à l’année prochaine ! Cette manifestation est certainement une bonne chose puisqu’elle permet au moins de rappeler que l’Algérie possède un ‘’patrimoine culturel », malheureusement, on oublie de signaler, dans l’euphorie, la fragilité de ce patrimoine ni les dégradations auxquelles il est, d’année en année soumis : d’ici l’année prochaine, combien de vestiges auront disparu, sous les coups des bulldozers et des bétonneuses ? combien de ruines romaines, de stèles, de peintures rupestres, auront été effacées, à jamais ? combien de pièces archéologiques précieuses, auront été subtilisées de nos musées pour aller enrichir des collections privées, en Europe et en Amérique ?
Le mois du patrimoine ne doit pas être seulement une occasion pour pavaner : c’est le lieu et le moment pour tirer la sonnette d’alarme, pour dénoncer les dégradations et les rapines et appeler à une véritable politique de protection du patrimoine !
S. Aït Larba
