Vers l’annulation du scrutin ?

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Nombre de représentants au sein de la CNPSEL ont écarté l’éventuelle finalisation du rapport qui devrait être transmis au président de la République, au courant de cette semaine. Ce très attendu rapport sur les élections législatives aura trait aux multiples dépassements ayant marqué le scrutin à travers tout le territoire national. Il contiendra l’ensemble des délibérations, lettres, rapports et interventions effectués par les membres de la commission. Ce retard trouve ses raisons dans l’ampleur des recours et rapports parvenus à la commission des différentes wilayas du pays sur les violations et dépassements enregistrés.

Un rapport détaillé qui s’étalera depuis la convocation du corps électoral par le président de la République et la préparation des listes des candidats jusqu’à l’opération de vote elle-même en passant par le déroulement de la campagne électorale. Ceci, en précisant que les grandes lignes dudit rapport auront accès dans chacune des périodes et les divers péripéties, les choses positives et négatives qui auront marqué ce scrutin largement boycotté par les Algériens. Il verra aussi un accompagnement de propositions.

La fraude entamée bien avant le vote

Les irrégularités ont commencé bien avant l’ouverture des bureaux de vote. Tôt dans la matinée, des représentants de partis politiques ont été empêchés d’accéder aux bureaux et aux centres de vote. Parallèlement, des chefs de centres ont refusé le contrôle des urnes déjà bourrées, comme cela a été rapporté dans les différentes correspondances parvenues aux représentants de la commission. Il est à relever que le scandale de Rouiba fut malheureusement l’illustration d’une fraude sauvage où 135 bulletins du FLN ont été décelés dans les urnes du bureau N° 1 au centre Mohamed-Kebir. Alors que des bulletins du RCD furent distribués dans les wilayas de Tizi-Ouzou et d’Alger sans pour autant mettre en cause ce parti, indique le rapport. Ajouter à cela que nombre de chefs de daïras ont refusé de se conformer à l’alinéa 3 de l’Article 164 de l’ordonnance N°97/07 de la loi organique relative au régime électoral avec le contenu des décrets exécutifs organisant l’opération électorale ayant trait au contrôle des urnes et à leur ouverture avant l’entame du vote ainsi que la remise des P-V. Ces fameux P-V n’ont, illégalement, jamais été remis aux représentants des partis, dans plusieurs centres de vote, tantôt sous le couvert d’absence d’autorisation de leur parti tantôt par l’interdiction de l’accès aux bureaux de vote selon des rapports parvenus à la CNPSEL dès la matinée. Ce qui a induit l’impossibilité d’accéder aux fameux P-V dans plusieurs wilayas du pays et ce malgré l’intervention personnelle du coordinateur de la CNPSEL, M. Bouchaïr leur demandant de se conformer à la loi vis-à-vis des contrôleurs. Ceci dit, si certains responsables sont revenus à de meilleurs sentiments, par contre, un wali de l’ouest du pays a refusé de se conformer aux sollicitations de M. Bouchaïr. Sans oublier l’interdiction infligée aux contrôleurs d’accompagner les centres itinérants à l’exemple de ce qui s’est passé à El-Oued. Le cas du ministre-candidat, Djamel Ould Abbès est le plus édifiant lequel, continuait à faire campagne le jour même du vote.

Des observations seront mentionnées aussi par les membres de la commission au sujet du gonflement du taux de participation, qui avec simple comparaison des sièges obtenus par certains partis et l’inflation spectaculaire de ce nombre en un temps record lors du dépouillement. A cela s’ajoute le flagrant alignement de l’ENTV et la censure dont a été victime la CNPSEL de la part de l’Unique par rapport à leur droit de réponse au ministre de l’Intérieur et le gonflement du taux de participation.

L’avenir de la future APN compromis

Des partis politiques, preuves à l’appui, ont dénoncé la fraude menée à grande échelle lors de ces législatives. Ainsi c’est au premier magistrat du pays que reviendra le dernier mot concernant l’éventuelle annulation des résultats des élections législatives du fait des violations graves commises par certains candidats, partis politiques et agents de l’administration, du fait aussi que les rédacteurs du rapport final n’ont pas vocation d’arbitres mais simplement de signaler les anomalies y compris les exclusions prononcées à l’encontre de certaines listes de candidature à la députation, eu égard au dépassements commis par l’administration au détriment d’un nombre important de candidats.

Il est à signaler que le président de la République, a toutes les prérogatives nécessaires pour dissoudre ou maintenir cette nouvelle Assemblée. Cependant et ce n’est un secret pour personne, la façon avec laquelle il traitait la précédente Chambre basse, à lauqelle il n’a rendu visite qu’une seule fois, il faut rappeler qu’il a eu souvent préféré faire passer les lois par décrets présidentiels. Dans ce cas, il est à se demander l’avenir immédiat de la future APN, avec ce lot de dépassements, de fraude mais aussi avec ce taux jamais égalé d’abstention qui lui enlève de facto une légitimité suffisante pour parler au nom de quiconque.

Y. M.

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