Pas de cerises cette année

C’est le constat fait par les services de l’agriculture lesquels ont sillonné les cerisaies de la région : aucune production de ce « fruit royal » n’est espérée cette année.

Dans les vergers d’Icheriden, où les grands arbres en plein vent étaient l’an dernier surchargés par les belles drupes rouges à tel point que l’adage « Il y’a plus de fruits que de feuilles » s’était concrétisé. Les mêmes cerisiers offrent cette année l’image désolante de fleurs pourries par la coulure et de feuilles criblées de grêle.

Il en est de même dans les autres localités réputées pour être des zones de potentialités de ce fruit très prisé : Boudjeha, Aboudda, Igounane et Tagumout Badfel, Aït Frah et Azouza ; partout les mêmes images de promesses fruitières avortées. L’explication tient aux phénomènes météorologiques essentiellement. Cette année, de fortes et incessantes pluies ont caractérisé le début de printemps, correspondant à la floraison du cerisier. Bien que sa fleur soit hermaphrodite, le cerisier est une espèce généralement auto incompatible ; seules quelques rares variétés peu répandues peuvent s’auto-fertiliser.

Les variétés cultivées chez nous comme les Burlat, les Bigarreaux Moreau et Napoléon, les Cœur de Pigeon, nécessitent le pollen d’une autre variété.

Le cerisier étant une espèce plus entomophile qu’anémophile, ce sont les insectes qui se chargent de transporter le pollen pour assurer la fécondation de la fleur, étape indispensable à la nouaison (début de formation du fruit). Cette phase cruciale pour la production a été cette année, justement contrariée par la pluviosité incessante, presque de contre-saison, qui a provoqué la coulure des fleurs.

Les insectes aussi ont été empêchés de faire leur intime travail de butinage et de fécondation. C’est un phénomène devant lequel, l’arboriculteur reste impuissant, parce que dépassant l’échelle de l’intervention humaine, du moins pour le moment. La fête des cerises programmée cette année est à l’évidence compromise. Mais pour perpétuer cette tradition, la municipalité compte la muer en fête de la culture et des productions locales à laquelle seront donc conviés les producteurs du terroir (huile, miel et produits de la ruche, pépinières florales, bijouterie, vannerie…). Le volet culturel sera aussi plus étoffé et ce sera l’occasion de faire appel à tous les talents en herbe ou confirmés qui trouvent peu d’occasions de s’exprimer.

Amarouche