Jamais scrutin n’a été aussi éloquent que celui du 17 mai dernier, en termes de leçons à tirer quant à la situation politique globale du pays. En fait, sans les 65% d’abstentionnistes et les 20% environ de bulletins blancs par rapport aux suffrages exprimés, rien n’aurait pu déloger l’Alliance présidentielle de son piédestal. Ainsi, la première leçon importante qui ressort de la gifle populaire à ces législatives, est incontestablement celle de l’échec flagrant de la coalition au pouvoir, quant à sa gestion d’un programme présidentiel qui ne demandait pourtant qu’à être exécuté.
Sanction donc d’une «gestion», mais aussi de cinq années de fanfaronnades quant à leur représentativité populaire, en vertu de laquelle les partis de l’Alliance n’ont eu de cesse de justifier, avec arrogance pour certains, leur hégémonie au sein des institutions. Or, à la suite des résultats de ces législatives, les Algériens ont très clairement recommandé à leurs « représentants », de faire preuve, au mieux de plus de modestie, au pire de céder les commandes des affaires de la République à de toutes autres forces sociales.
Mais la plus grave des conséquences générée par le vote du 17 mai, est, le fait désormais que les Algériens, seront, cinq années durant, gouvernés par une coalition minoritaire, ce qui constitue un facteur de déstabilisation sociopolitique dont on imagine s’il pourrait être exploité par la subversion obscurantiste.
Périlleuse situation de défiance entre gouvernés et gouvernants, exacerbée par la surréaliste décision du Conseil constitutionnel de reconduire, sans nuance aucune, les résultats officiels du vote, en dépit, et du lourd déficit de légitimité du scrutin, et des conditions contestées de son déroulement.
Mais à quelque chose malheur est bon. Le vote du 17 mai a permis plus que toute autre échéance du genre, de cerner la réalité de la scène politique et de son rapport à la société.
Ainsi, les partisans de tous bords d’une réconciliation nationale de compromission avec l’islamisme, dont le FLN de Belkhadem s’est fait le porte-parole officiel, ont eu leur réponse en ce 17 mai.
Autant les Algériens avaient plébiscité le projet sous la houlette de Bouteflika, autant ils ont désavoué ces « exégètes » autoproclamés. Par là-même vivement que les amis repentis de Belkhadem et autres courtisans de l’ex-FIS, prennent acte du verdict populaire et daignent prendre, enfin leur retraite politique, à laquelle les avaient une première fois invité les dispositions de la Charte portant réconciliation nationale, adoptée par référendum populaire.
Les résultats des législatives sont enfin, une sanction à l’encontre de la gestion par la coalition des affaires économiques et sociales. A l’encontre des uns, le FLN en l’occurrence, les Algériens ont désavoué le populisme et la démagogie qui n’ont eu d’égal en fait, que le marasme social et la persistance du blocage des réformes.
A l’encontre des autres, les Algériens ont signifié leur refus de l’orthodoxie libérale qui exclurait tout intérêt à l’égard des droits sociaux élémentaires des populations qui à l’ère de l’embellie financière que connaît le pays ont l’impression de vivre tout comme il y a dix ans sous la contrainte du PAS.
H. O.
