Bachir Derrais rend hommage à Matoub

l C’est un geste qui mérite d’être signalé et salué. En effet, pour rendre hommage à Matoub Lounès dans une production réalisée dans le cadre d’une activité officielle, il faut être doté de beacoup de courage. Dans son tout nouveau film réalisé dans le cadre de « Alger, capitale de la culture arabe », intitulé : Dix millions de centimes, le réalisateur Bachir Derrais a rendu un vibrant hommage au Rebelle. Son film ayant pour thème les années de terrorisme, et Matoub Lounès, étant le seul chanteur algérien ayant pris position clairement contre ce phénomène, il était évident que ce genre d’initiative allait tôt ou tard surgir. C’est au beau milieu du film, quand la mère du personnage principal du film décède, que la voix rauque du Rebelle jaillit pour mettre du sel à la scène en ne manquant pas de provoquer la chair de poule. Le geste de Derrais est d’autant plus courageux que le passage choisi est une chanson extrêmement engagé, tiré de l’album Communion avec la patrie, sorti en 1992. Le passage en question est un duo avec Nouara. C’est donc avec beaucoup de retard que le cinéma algérien rend hommage à Matoub qui a écrit son nom en lettres d’or dans l’histoire de l’Algérie. Mais mieux vaut tard que jamais.

Ce film est tiré d’une nouvelle : Algérie, l’absurdité au quotidien de Salim Marimèche.

Rappelons que le rêve de Bachir Derrais est la réalisation d’un long métrage sur Matoub Lounès.

Aomar M.

Lounes Matoub (Acrostiche)

Les artistes qui dérangeaient,

Ont été tous écartés.

Un chanteur-poète a osé,

Ne cessait de critiquer,

Exhortait, revendiquait…

Son combat le passionnait.

Menacé, blessé, enlevé…

Avec force, il persistait.

Trop d’ennemis de tous côtés,

Ont attendu et prié.

Un groupe armé l’a tué,

Brisant les rêves qu’il portait.

Slimani Saïd