Une rencontre qui a porté essentiellement sur la libération conditionnelle, les régimes de la semi-liberté, le milieu ouvert ainsi que les procédures de suspension provisoire de l’application de la peine, les autorisations de sortie et les congés exceptionnels… Plusieurs directeurs de grands établissements pénitentiaires et juges d’application des peines près les cours ont participé à ce débat autour de la mise en place des principes et des règles d’une politique pénitentiaire basée sur l’idée de la défense sociale qui fait de l’application des peines un moyen de protection de la société par le biais de la rééducation et de la réinsertion sociale des détenus. Dans ce sillage, le directeur de l’administration pénitentiaire, Mokhtar Felioun annoncera qu’après la signature, il y a quelques jours, de deux décrets exécutifs par le chef du gouvernement, l’un portant organisation et fonctionnement des commissions de l’application des peines instituées au niveau des établissements pénitentiaires et l’autre relatif à la commission de l’aménagement des peines créée au niveau du département de la justice qui permettront ainsi la mise en vigueur de l’article 22 de la nouvelle loi pénitentiaire qui prévoit la désignation dans le ressort de chaque cour d’un ou plusieurs juges d’application des peines, la prise en charge des détenus, l’amélioration des conditions de détention à travers leur réinsertion sociale sera effective. Il expliquera en ce sens que les juges d’application des peines qui sont désignés par arrêté du ministère de la Justice doivent avoir au moins le grade de magistrat à la Cour, et avoir manifesté un intérêt particulier au monde carcéral. Il ajoutera que les attributions qui leur sont conférées doivent notamment permettre de garantir la souplesse dans l’application de cette loi en conformité avec les systèmes modernes de l’application des peines, et la politique de l’amendement des condamnés et leur réinsertion sociale. En effet, selon le même interlocuteur » en plus d’une cinquantaine de nouvelles prisons à bâtir d’ici 2009 selon les normes en vigueur à même d’humaniser les établissements pénitentiaires, 25 ateliers de travail seront mis en place entre 2005 et 2007 à l’extérieur des prisons pour permettre la réintégration dans un premier temps de 300 détenus à employer, notamment dans les forêts et le domaine agricole « . Une décision qui vient confirmer les déclarations du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Belaiz à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire autour de « la mise en œuvre d’un programme d’urgence en vue d’améliorer les conditions de détention en initiant des formations professionnelles pour les détenus que ce soit à l’intérieur des établissements ou à l’extérieur dans les ateliers ».
H. Hayet
