Avant-première de L’envers du miroir

Après une longue attente, le public a pu enfin découvrir ce long métrage de Nadia Cherabi. Il était environ 1h 40, lorsque le film adébuté, le public impatient observe un silence religieux pour suivre le film. L’œuvre de la réalisatrice Nadia Cherabi est époustouflante d’émotion malgré des imperfections techniques. La cinéaste a tenu à respecter un certain réalisme en abandonnant les clichés et les préjugés sur un thème d’habitude circonscrit. Elle a décidé d’aborder un sujet qui reste toujours tabou dans notre société avec une manière différente et originale par rapport aux normes classiques de réalisation. Il s’agit d’une jeune mère ayant abandonné son bébé sur le siège d’un taxi.

Le chauffeur Kamel en entendant les cris du nourrisson décide, après une longue hésitation, de le garder. Il en prend soin et parallèlement recherche sa mère. Le film se termine par une note agréable après avoir rendu hommage à la solidarité de la famille algérienne toujours prête à protéger l’enfance. Pour donner plus de tonus, au film, la réalisatrice a fait jouer des comédiens qui ne manquaient pas de talent, et qui ont bien su intégrer leurs rôles, à l’image de Rachid Farès campant celui de Kamel le chauffeur de taxi, et Nassima Chems, actrice prometteuse dans son rôle de Selma, la mère de l’enfant abandonné.

D’autres jeunes se sont relayés avec beaucoup de présence donnant parfois du rythme à un film qui n’a pas laissé indifférent le spectateur. La bataille pour réaliser ce film n’a pas été facile puisqu’il a fallu trois années pour y parvenir. Selon la cinéaste « il aura fallu recourir aux sponsors et à la coopération de l’Entv pour espérer sa sortie ». Selon les déclarations de la réalisatrice, pour ce qui est des raisons de ce retard, elle a avoué que c’est assurément le montage du film qui nécessité le plus de temps (une année). Le déblocage de la situation est venu grâce à l’inscription de ce film dans le cadre de « L’Algérie capitale de la culture arabe ». Nadia Cherabi a voulu faire de ce film « un exemple de partenariat entre la Syrie et l’Algérie » puisque la musique du film est signée Redwane Nassri, le célèbre musicien syrien. Par ailleurs, et quant aux moyens techniques du tournage, et bien que le niveau cinématographique algérien n’atteint pas la moyenne, la modeste expérience algérienne montre, encore une fois, une certaine amélioration. Des images taillées dans le vif, une lumière bien maîtrisée durant les séquences de nuit et une qualité de son, somme toute appréciable.

Enfin, il faut bien le dire, il est temps de rattraper les lacunes constatées dans le domaine culturel, et cela par la réalisation de ce genre de films. Il est important aussi d’attaquer les fléaux sociaux de notre pays tout en brisant les tabous, pour sensibiliser le public, afin qu’il puisse s’éveiller à ces réalités mais aussi pour qu’il contribue à la lutte contre ces phénomènes.

Kafia Aït Allouache