Le réquisitoire acerbe de l’ANR

L’Alliance nationale républicaine de Rédha Malek, qui détient 4 sièges à l’Assemble populaire nationale (APN), n’a pas lésiné sur les mots pour pourfendre vertement la nouvelle loi électorale que les députés de l’APN ont adoptée à la majorité écrasante.

 » Antidémocratique, restrictive, intempestive et discriminatoire  » sont autant de qualificatifs peu glorieux, décochés par l’ANR à l’égard de cette loi, qui selon un communiqué parvenu à notre rédaction  » ne sert pas l’intérêt général mais un groupe de partis qui ambitionne de monopoliser la scène politique.  » L’allusion est sans ambages. Il s’agit des formations de la Coalition présidentielle. La notion de représentativité, selon l’ANR, perd sa quintessence dès lors que celle-ci est synonyme d’allégeance au pourvoir. La différenciation entre petits partis et grandes formations n’est guère du goût de l’ANR.

 » La représentation d’un parti ne se mesure pas au nombre des ses militants, mais aussi à la visibilité de ses perspectives et à la solidité de ses convictions « , mentionne le même communiqué. Le parti de Redha Malek considère qu’un petit parti peut être

 » plus représentatif et plus prometteur  » qu’un parti de la coalition, totalement terne et dépourvu de  » rigueur militante « . Seule une  » urne non manipulée « , estime la formation de Redha Malek, peut juger de la représentativité d’un petit ou d’un grand parti, lesquels ont  » le droit institutionnel de présenter des candidats aux élections « . La même missive qualifie de  » non-sens  » le fait d’interdire à des partis  » sous prétexte de leur faible implantation  » de présenter des candidats. L’adoption de cette loi de l’avis de l’ANR, consiste à préjuger sur l’avenir. Une démarche qui est à même de  » figer toute dynamique politique  » et  » fermer la porte à toute pédagogie démocratique.  »  » N’ayant pas une base électorale significative, qui oserait prétendre qu’à l’avenir, ils ne feraient pas des scores plus conséquents ? « , s’interroge Rédha Malek. Sur un ton acerbe, cet infatigable militant de la cause nationale estime que cette façon de  » faire des petits partis des boucs émissaires des graves déconvenues du 17 mai  » ne va pas  » pour autant prévenir les nouveaux échecs qui attendent la coalition au pouvoir.  » L’ANR trouve  » inacceptable l’incurie et l’impopularité  » des partis de la coalition gouvernementale. Cependant, l’ANR trouve une seule vertu à cette loi  » discriminatoire  » à savoir remettre sur le tapis  » les tares  » des mêmes formations, particulièrement la fraude, la corruption, les largesses exorbitantes de l’Etat et l’utilisation anticonstitutionnelle de l’Islam à des fins politiques. Ces  » grands  » partis, constate le négociateur des accords historiques d’Evian, sont des  » facteurs de blocages  » sur la voie du redressement nationale. D’où son appel à des changements drastiques du champ politique. Comment s’ y prendre ? Par une  » alternative patriotique et républicaine « , conclut l’ANR.

Hocine Lamriben