» Je suis à la disposition de la justice  »

Smail Mira a réagi hier à la nouvelle du décès de Kamel Saadi en invoquant un  » accident regrettable « . Il ajoute qu’il se tient à la disposition de la justice et qu’il est prêt à se défaire volontairement de son immunité de député pour faciliter le travail des juges.

Vendredi 13 juillet, le chef-Patriote revenait de la région de Yakouren où il avait effectué une mission de reconnaissance sur ordre du commandement de la 5ème région militaire qui soupçonnait l’existence d’un camp d’entrainement des terroristes au lieu-dit Chaara. Se dirigeant vers Tazmalt, il emprunte, en compagnie de deux accompagnateurs, des pistes alpines et des voies de traverse. Son véhicule est sur une piste débouchant de la route d’Iferhounène à At-Melikeuch quand il avise un homme en tenue de sport.  » Je me trouvais non loin de Azrou N Thor quand j’aperçus un jeune homme en survêtement. Arrivé à sa hauteur, je lui demande ses pièces d’identité, ce qu’il refusa « , raconte Smail Mira.  » Il me déclarait être de la région d’Iaazounène puis m’invite, avec une pointe de défi, à le fouiller si tel était mon désir « , ajoute-il.

Se sachant être dans une zone de passage des terroristes, le chef-Patriote est très soupçonneux. Il procède à la fouille du  » suspect  » tout en gardant la main sur son arme.  » Mais celui-ci a brusquement tenté de m’arracher mon pistolet et, dans la pagaille qui s’en est suivie, un coup est accidentellement parti pour le blesser à l’abdomen « , précise le chef-Patriote.

Finalement, ce sera ce dernier qui embarquera sa victime à bord de son véhicule pour le diriger aux urgences de l’hôpital d’Akbou après avoir téléphoné à un fonctionnaire de cet hôpital pour l’avertir de l’arrivée d’un blessé grave.  » C’est un accident des plus regrettables et j’ai tout fait pour lui sauver la vie malgré son entêtement à ne pas être évacué à l’hôpital « , souligne Smail Mira.

 » Je suis à la disposition de la justice et suis même disposé à me défaire éventuellement de mon immunité parlementaire « , conclut-il. Mis à part cette prétendue tentative de s’emparer de l’arme du chef-Patriote, c’est, à peu de choses près, la même version qui est avancée par les parents de la victime qui avaient recueilli ses confidences au moment où son état présentait une amélioration qui laissait espérer une guérison définitive. Kamel Saadi effectuait son jogging habituel quant il est tombé sur la milice de Smail Mira. Considérant que celui-ci faisait montre d’un abus de pouvoir, il se refuse à être fouillé. Le ton monte et une bagarre s’ensuit. Et c’est enfin le drame avec le coup de feu sorti du canon de l’arme du chef-Patriote. Ce qui n’était qu’un évènement susceptible d’être passé par pertes et profits, puisqu’un silence avait été observé sur cette affaire durant les douze jours d’hospitalisation de la victime, finit par prendre une tournure dramatique. Hospitalisé depuis ce décidément funeste vendredi 13, Kamel Saadi a rendu l’âme, avant-hier matin, à l’hôpital d’Akbou, après avoir momentanément semblé sortir d’affaire.

M. Bessa