L’oisiveté et l’ennui en maîtres des lieux

La saison estivale dans la commune d’Aït Khellili (relevant de la daïra de Mekla) ressemble beaucoup à une période trop creuse et dont on doit chercher à meubler son temps. L’absence des centres de loisirs et la montée incessante du phénomène du chômage qui gagnent la majorité des jeunes ont fait que cette période de repos devient difficile à passer.

En effet, et pour les scolarisés et pour ceux qui ont déjà quitté les bancs de l’école, passer l’été à Aït Khellili devient une véritable corvée et les journées sont interminables. Ni maison de jeunes, ni terrains de football adéquats, ni autres installations de jeunes n’existent dans cette commune déshéritée dont vit plus de 13 000 âmes dont une grande proportion est composée de jeunes. Cet état des lieux a fait que les jeunes peinent à trouver le moyen leur permettant de passer leurs journées, surtout pour ceux dont les moyens financiers empêchent à faire des sorties sur les plages ou se permettre leurs congés scolaires et aller chercher un boulot dans la majorité des cas pour travailler dans des chantiers de construction, et ce dans l’objectif de pouvoir ramasser un peu d’argent avant la rentrée des classes et d’alléger ainsi un tant soit peu les dépenses sur leurs parents déjà submergés par toutes les autres charges sociales. Cela a fait que les cafés maures restent la seule attraction de cette masse juvénile qui s’y rencontre pour discuter ou pour se livrer aux interminables parties de dominos ou de jeux de cartes. Pour d’autres jeunes, les balades incessantes sont choisies pour meubler leur temps. L’organisation par ci et par là des tournois de football, que ce soit inter villages ou entre les jeunes d’un même village laissent les jeunes souffler un peu en s’adonnant à la pratique de leur discipline préférée. Les week-end, la programmation des cérémonies laissent aux jeunes l’opportunité de se défouler et d’oublier le temps d’une soirée musicale leur marasme quotidien. En somme, les saisons estivales dans la commune d’Aït Khellili passent et se ressemblent, et les jeunes de cette municipalité interpellent d’une même voix les autorités compétentes afin de venir en aide à cette masse juvénile et ce, en réalisant des infrastructures au profit de cette catégorie vulnérable dont le vide est source de tous les dérapages. En attendant qu’une oreille attentive reçoive ce message, les jeunes continuent à faire contre mauvaise fortune bon cœur et chacun à sa manière cherche le meilleur moyen pour mieux passer leurs journées en attendant des lendemains meilleurs.

M. M.