Au moment où dans certaines régions, des citoyens se plaignent d’un manque crucial d’eau potable, dans la nôtre, le précieux liquide des sources se perd dans la nature et rejoint les ravins pour se mêler aux eaux usées des habitations environnantes. Les riverains semblent se suffire de l’eau courante distribuée par l’ADE dont la qualité est loin d’égaler celle des sources. Certaines fontaines à l’image de celle de « Imigoul », en contrebas de l’hôpital qui s’en approvisionnait à une certaine époque, est complètement abandonnée. En effet, à la fin des années cinquante, nous dit-on, un deal avait été trouvé entre les sœurs blanches et le village voisin Taourirt Menguellet, propriétaire de la source, pour une exploitation commune. Taourirt accepta de céder les deux tiers de l’eau à condition que son partenaire prenne en charge tous les travaux d’aménagement. C’est ainsi qu’un réservoir dont la capacité pouvait répondre aux besoins de la structure hospitalière, fut construit. Des robinets extérieurs installés, les villageois pouvaient s’approvisionner, tout en laissant, le surplus à la structure sanitaire. Celle-ci grâce à une mini station de pompage faisait « monter » l’eau qui ne manqua plus à l’hôpital qui s’approvisionnait auparavant par le biais d’un camion citerne. A partir de là, l’hôpital n’avait plus à se soucier de son alimentation en eau potable. Tout allait bien jusqu’aux années 70, lorsque les sœurs blanches léguèrent l’hôpital à l’état algérien. L’alimentation en eau courante à partir du réseau de l’ex-Sonade a fait oublier, peu à peu, cette source naturelle, aujourd’hui à l’abandon, recouverte de ronces. Dans ces ruines on peut voir ce qui reste des machines de refoulement. Le débit est réduit à un mince filet. Même le chemin qui y mène est devenu impraticable, réduit à l’état de décharge publique. Pourtant, depuis quelques années, l’état s’implique dans le captage et l’aménagement des points d’eau dont la plupart des villages ont bénéficié. Cependant, personne ne daigne proposer l’aménagement de « Imigou » dont la qualité de l’eau est vantée par les anciens. Les nouvelles générations ignorent jusqu’à son existence. Ce qui n’empêchera pas, espérons-le, l’APC de l’inscrire dans les prochains PCD.
Nacer B.
