l C’est à un somptueux ballet aérien auquel se sont livrées des dizaines de vautours fauves au-dessus de la forêt d’Aït Aggouacha, sur le versant sud faisant face au Djurdjura. Ce rassemblement important est de bonne augure pour ce rapace nécrophage réputé en voie de disparition. Cet oiseau de grande envergure — il atteint plus de deux mètres — a longtemps pâti de la présence humaine, les bergers allant jusqu’à empoisonner leurs bêtes mortes pour lutter contre les prédateurs.
Un couple ne pond qu’un seul œuf par an, au mois de janvier et niche dans les falaises abruptes de montagnes, inaccessibles. L’éclosion du petit vautour a lieu à la fin mars et sa survie dépend de la disponibilité de la nourriture les parents n’hésitant pas à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour nourrir leur oisillon. Immortalisé par Taleb Rabah, dans sa célèbre chanson « Mathechfaf à yiguoudhar », cet oiseau emblématique de la Kabylie en compagnie du gypaète barbu et du perenoptère, n’attaque jamais les proies vivantes mais fait office de nettoyeur de la forêt. Vu le nombre observé à Aït Aggouacha, il est sûr que l’on pourra longtemps encore contempler les gracieuses circonvolutions de ce rapace majestueux.
Amarouche M.
