Alors que le comité des sages luttait longuement et vainement pour l’obtention d’un CEM au profit du village ; sa revendication a étéagrémentée d’un acquis, et non des moindres : un établissement du secondaire ! Ne dit-on pas que « tout vient à point à qui sait attendre? ». Les gens de Tifrit ont su attendre; de 2002 à… 2006. Ils ont su attendre même s’il arrivait que la patience s’émousse, que l’on brandisse le spectre d’actions de protestation, que l’on y recourt même. Mais le couronnement a payé. Après une lutte de longue haleine, un vrai parcours de combattant.
« Quand je me remémore cet éreintant parcours, jalonné de moult obstacles, je réalise et ressent les nombreux sacrifices consentis au détriment de notre vie personnelle et de notre santé », dit, avec une moue amère, Nacer Adjlane, membre du comité des sages. Une moue vite balayée par un sourire qui efface vite fait le ouf de fatigue. Ce sourire se dessine sur tous les visages des membres de ce comité abordant ce sujet qui leur tient visiblement à cœur.
Nacer Adjlane,
M. Bedja (président du comité des sages), Arezki Bouatmane et Benizème (autres membres du même comité- nous relatent la genèse de cette lutte. « La réclamation du CEM était l’une des causes, nous dit-on, précisant que ce travail était initialement mené par l’APE à laquelle se grefferont ensuite les associations de villages ». « Au début, la lutte avait pour objectif la « délocalisation » du CEM de Sidi Ali », nous expliquent encore nos interlocuteurs en précisant: lequel projet était alors à sa phase première, à savoir le 1er choix de terrain. Nous avions réclamé un 2e choix qui avait pour motivation et objectif le rapprochement de ce CEM vers Tifrit. Lequel choix (le second), s’il avait eu lieu, aurait permis la construction d’un base 7, tel que prévu au départ mais le CEM existant est un base 5, c’est-à-dire dépourvu de cantine.
« Or, nos enfants ont besoin de la restauration car habitant loin ». Après la non-satisfaction de cette demande, la revendication était « un CEM pour Tifrit ». Acquis officiellement en 2006, le terrassement de ce base 6 a débuté en 2007. « Ce CEM est est acquis pour tous, pas seulement pour nous. A commencer par les autorités sur le plan transport scolaire ». Ce transport scolaire est aussi positif pour les parents puisqu’après, le CEM sera fonctionnel (prévision pour la rentrée 2008/2009), ils n’auront plus à dépenser pour le transport. ll y a aussi la restauration. L’école étant située au sein du village, l’éducation prodiguée par le village à ses enfants restera indemne. Quand nos enfants poursuivront leurs études ailleurs qu’à Tifrit, ce sera les études supérieures, ils se seront alors forgés une personnalité, accomplie par nos soins, sur la base de nos valeurs et coutumes », a conclu M. Bedja.
Taos Yettou
