Se faisant aider par deux ou trois complices et usant de violences et de menaces, l’accusé fait monter ses victimes dans sa voiture et les emmène dans un endroit isolé pour les délester de tout ce qu’elles ont argent et portables notamment. C’est cette affaire de vol sur la voie publique avec circonstances aggravantes de menaces, de violence, que le tribunal criminel près la cour de Béjaïa a eu à examiner dans son audience de dimanche matin.
Le représentant du ministère public a requis une peine de 15 ans de réclusion criminelle, assortie d’une amende d’un million de dinars et d’une interdiction de séjour dans la wilaya de Béjaïa de 5 ans après l’expiration de sa peine. Mais le verdict prononcé par le président du tribunal après délibérations a été de 10 ans de prison. Les victimes présentes à l’audience sont au nombre de deux. Les faits qui ont eu pour cadre la ville de Béjaïa remontent aux journées des 7 et 9 novembre 2006.
Le premier vol dont a été victime K. N. s’est produit aux Quatre Chemins le 7 novembre 2006 vers 2h 30 du matin. Cette nuit-là, K. N., alors qu’il sortait de son lieu de travail, a été braqué par une voiture Peugeot 206 ou Renault Clio. Les occupants de la voiture au nombre de trois, sous la menace de leurs armes, l’obligent à monter dans le véhicule. Arrivés à l’arrière-port au niveau de la passerelle de l’ex-Pincho, endroit particulièrement isolé, ils lui enlèvent tout ce qu’ils trouvent dans ses poches, à savoir 10 000 DA et un portable. Quant à la seconde victime, G. A., la cinquantaine, elle a été abordée à l’Edimco, lieu très fréquenté et de surcroît, c’est à 8h30 du matin que les mêmes agresseurs, mais au nombre de deux cette fois, l’obligent à prendre place dans leur voiture de location. Ils l’emmènent du côté d’Ighil Oudjilbane, à quelques encablures de l’université de Targa Ouzemour, endroit très connu pour avoir été le théâtre de nombreux vols et agressions, et le dépouillent de la somme de 5 000 DA et d’un portable d’une valeur de 3 000 DA. Quand K. N. et G. A. déposent plainte, c’est sur les photos que la police leur a montrées qu’ils identifient le principal agresseur qui serait, selon leurs affirmations au président de tribunal, l’accusé Y. F., la trentaine et qui était le chauffeur de la voiture. A la barre, l’accusé réfute tous les faits qui lui sont reprochés. Il jure à plusieurs reprises que de sa vie, il n’a jamais vu les deux personnes qui prétendent être ses victimes. Comme alibi, il prétend que les jours du vol, il était à Alger ou à Annaba, au volent d’une voiture de location.
Ayant rappelé non sans nostalgie l’époque où Béjaïa était réellement une petite Suisse et où les citoyens pouvaient à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit se promener dans leur belle ville sans risquer d’être agressés, le représentant du ministère public a souligné dans son intervention que l’accusé ne peut pas être l’agresseur et le voleur, puisque les deux victimes qui ne se connaissent pas, l’ont identifié séparément et formellement sur les photos et à l’audience. Mais pour la défense, l’accusation par les victimes a été plutôt suggérée par les policiers qui ne leur ont montré que deux photos. Il soutiendra également que si le nombre de vols et d’agressions a proliféré ces derniers temps à Béjaïa, ce n’est pas par la faute de son client mais c’est par l’absence presque totale des services de sécurité. Il axera son intervention sur l’absence de preuve établissant la culpabilité de son client et demandera l’acquittement pure et simple pour ce dernier.
B. Mouhoub
