« Nous sommes les plus grands perdants »

La contestation de la nouvelle grille des salaires de la Fonction publique, commence à faire tâche d’huile pour atteindre la base de l’UGTA dont la Centrale a pourtant applaudi le nouveau statut de la Fonction publique.

Ce sont les travailleurs du secteur sanitaire d’Amizour affiliés à l’UGTA qui ont manifesté en premiers leurs mécontentement envers cette grille allant jusqu’à la qualifier « d’arnaque du siècle » loin d’être en mesure de relever le pouvoir d’achat laminé par la récente augmentation des prix de certains produits de large consommation. Réunis en AG mercredi dernier, suite à l’appel de leur section locale UGTA, les hospitaliers ont passé au crible cette nouvelle grille ainsi que tout ce qui se trame autour des réformes hospitalières à l’exemple du dernier découpage sanitaire traduit par certains intervenants de « manière à diviser davantage les travailleurs et sans pour autant apporter un plus à la santé du citoyen ». En matière salariale, le scepticisme de ces fonctionnaires de la santé a laissé à la déception du fait que les salaires de base prônés par la nouvelle grille sont « dopés par des primes ISS et ICR, prélevés du régime indemnitaire ». Un régime indemnitaire qui n’a fait qu’attiser la colère des blouses blanches qui se rebiffent aussi de la manière dont ont été attribués certaines indemnités aux travailleurs du secteur de la santé. Ils dénoncent notamment l’absence de certaines primes à l’image de la prime du panier, du transport et d’encadrement et l’attribution non équitable de celle de la contagion, de la performance et de l’intéressement.

Les travailleurs n’ont pas ménagé les instances de leurs syndicats accusées de « passives » envers les problèmes des travailleurs. De son côté, la section locale UGTA d’Amizour a jugé que la nouvelle grille ne répond guère aux attentes et aspirations des travailleurs de la santé qui espéraient auparavant une augmentation conséquente de leurs salaires pour affronter un quotidien pénible ».

Le conseil syndical de la santé va jusqu’à dire que les hospitaliers sont les plus grands perdants de cette nouvelle grille suite à une clarification « injuste » réservée au personnel de la santé. Ainsi, syndicalistes et travailleurs s’accordent à dire que le retour à des actions de protestation est le seul moyen pour arracher des droits légitimes et sauvegarder le secteur public et son intégrité.

Nadir Touati