Ces canettes qui enlaidissent le paysage

Un simple regard en empruntant nos routes renseignent sur la gravité de la situation. En effet, elle sont devenues de vrais dépotoirs pour canettes de bière et autres bouteilles de vins, au point où nous avons fini par nous résigner, les adoptant comme faisant partie de nos paysages naturels. Quant à leur provenance, inutile de se poser la question sous peine de tomber dans le ridicule.

En effet, depuis le début des années 90, le commerce des boissons alcoolisées a explosé dans toutes les localités de la Kabylie et le nombre de consommateurs a augmenté d’une manière vertigineuse, phénomène dû essentiellement au chômage et à la misère qui ronge une grande partie de la population notamment la frange juvénile qui trouve dansces boissons un échappatoire à leurs tourments.

Pour mesurer l’état de déliquescence de la société, vous n’avez qu’à faire le trajet d’El Kseur à Akbou ce qui s’est en réalité qu’un modèle réduit qui s’applique à toutes les autres régions de la Kabylie.

Se jour comme de nuit, ce tronçon de la RN 26 ressemble à un dépotoir à ciel ouvert au vu et au su du commun des mortels. Ces points de ventes et buvettes sauvages à l’intérieur des villes et même dans ces nids d’aigles et refuges des lions qu’étaient autrefois les villages kabyles. L’épidémie ne cesse de se propager pour gangrener davantage cette cellule de base qui est la famille kabyle. Combien d’hommes fortunés qui ont tout perdu dans ces endroits jusqu’au dernier centime ?

Combien de crimes commis aux environs immédiats de ces endroits ? Combiens d’accidents de la circulations, dus à la conduite en état d’ivresse qui ont coûté la vie à des milliers de gens ?

Le plus grave dans tout cela reste incontestablement ces maladies sexuellement transmissibles à l’image du sida, qui peuvent être véhiculées dans ces endroits.

Une question se pose désormais, où sont toutes ces associations qui activent dans la région et quel est leur rôle dans l’éducation, l’encadrement et la sensibilisation de la société ? Une prise de conscience et un sursaut d’orgueil sont plus que nécessaire pour sortir cette région de cette situation alarmante.

A. T.